jeudi 12 mai 2016

Le politique et le digital


Est-ce le grand soir ?

Le politique français. Une posture droite et rigide, qui s'effondre maintenant d'un trait de plume, face à une réalité horizontale d'un nouveau monde, de plus en plus prégnante, mais dont il s'est exclu et qu'il n'atteindra vraisemblablement jamais. Ce n'est pas en regardant en l'air qu'on lutte face à une mer qui monte, qui monte, qui monte !

C'est Nicolas Sarkozy, ce 12 mai 2016, qui nous rend compte, dans cet article de BFMTV, de la supercherie permanente incarnée si souvent par nos élus face à la déferlante digitale que nous incarnons, nous, "petites poucettes". L'ex président, encore en posture pour moderniser le monde, demande, lors d'une visite à un entrepreneur, ce qu'est le site leboncoin.fr, au détour d'une conversation.

Comme nous le rappelle BFMTV, leboncoin, c'est (bien qu'un des plus improbables sites en terme d'expérience utilisateur) un des sites les plus populaires de France, avec 25 millions de visiteurs chaque mois, non loin de Jackie et Michel ! Comment un politique qui prétend incarner le renouveau peut-il à ce point ignorer la prégnance horizontale induite depuis l'émergence du digital et l'abolition des frontières physiques et virtuelles ? Les empereurs ne partent pas. Ils sont déchus. Les élus qui ne représentent plus leur peuple semblent bien l'ignorer.

Ce n'est malheureusement pas le premier politique à révéler son inaptitude à concevoir le monde qui l'entoure. Et probablement pas le dernier. Mais c'est une énième manifestation de cette rupture maintenant manifeste entre l'ancien monde vertical fondé sur l'idéologie et le pouvoir, façon Walls, et le nouveau monde horizontal basé, lui, sur l'interopérabilité et le collectif, façon Rifkin, Hulot, Serres.

Et quid du bouleversement économique et sociétal induit par l'ouverture des frontières ? Quid du bouleversement culturel induit par la mort des chaînes de télévision traditionnelles ? Quid de la propriété des biens de consommation courante (voiture, maison, mobilier) induits par la mutation des usages plus nomades ? Quid du modèle de production énergétique fossile face au bouleversement du climat ? Quid de la fiscalité des entreprises qui engrangent nos salaires sans jamais honorer d'impôt ?

Nous en sommes, ce soir encore, les témoins vivants. Nos élus, sans le savoir, se dessinent un avenir dans lequel ils s'excluent et emportent avec eux la verticalité persistante des structures hégémoniques et commerciales qui ne nous écoutent plus.

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