samedi 27 juin 2015

La révolution Uber

Uber, service de covoiturage ou de transport privé, bouleverse l'autorité assise des réseaux nationaux de transports dont les taxis. Quels enjeux rappellent ceux du clivage que connaît le numérique ?


Uber est d'abord un service dématérialisé et libre. Il s'affranchit des repères induits par les règles locales de chaque pays, économiques et surtout fiscales. En cela, j'observe deux choses :

1) Il me paraît plus démocratique (approche rifkinienne) que tout un chacun puisse faire valoir ses compétences sans avoir à payer une patente à un réseau établi, voire "mafieux", pour exercer une activité aussi bénigne que de transporter ses congénères.

2) Il apparaît incontestable que l'ordre légal, économique, culturel et social, alors en place sur le dit lieu de l'affaire, subit un revers foudroyant qui balaye, en un trait de plume, tout ce qui a été construit et entretenu depuis des lustres par ce même pouvoir. Et c'est donc le pouvoir de nos élites qui en prend, de nouveau, un coup de plomb dans l'aile.

Alors, faut-il interdire ce qui apparaît inéluctable du fait de la globalisation souhaitée par nos mêmes dirigeants ? Ont-ils peur de ne plus contrôler ce qui fait valoir leur propre assise ? N'ont-ils pas anticipé cette révolution des usages ? Voir un Uber remplacer la taxation sauvage et les maigres prestations sociales qui en découlent, avec un service dérégulé où chacun gère son quotidien comme bon lui semble, annonce forcément la dissolution progressive de nos propres institutions. Et si Uber bouleverse aujourd'hui un aspect de notre politique des transports, ce n'est qu'un cristal de neige posé sur l'iceberg qui nous pend au nez.

Mais quelle contradiction que de voir un ministre de l'intérieur (M Cazeneuve) interdire un moyen de transport, et un ministre des transports, qui d'ordinaire sait se faire entendre (mme Royale) sans mot dire, alors que le ministre du numérique (mme Pellerin) vente les atouts de cette révolution !

Uber annonce la bascule horizontale induite par l'émergence du numérique et l'ouverture des frontières, au même titre que les métiers de la création que nous connaissons les perçoit quotidiennement, que le rapport à nos identités évolue, que nos modes d'éducation se détricotent, que notre alimentation... Bref. La verticalité est percée. Et à moins de tout barricader (frontières physiques, protocole Internet national à la chinoise, garde-fous à chaque coin de rue, éducation autoritaire), je ne vois pas comment y échapper.

Mais, faut-il pour cela appeler un régime autoritaire pour sauver une cité en péril ? Ou bien n'y a-t-il pas simplement besoin d'être plus transparent dans les règles de taxation, de redistribution des richesses, de partage, de priorisation des dépenses, de gestion du quotidien ? Si tout est "clean", alors, pourquoi notre ministre de l'intérieur réagit d'une telle violence face à ce bouleversement passif s'il n'incarne pas lui-même des intérêts pour le moins opaques ? Ce ne sont pas les pauvres taxis les coupables. Ils payent. Ils trinquent. Mais le régime vertical bouleversé par l'horizontalité nouvelle des échanges (cf. Michel Serres).

Nul pouvoir ne pourra donc arrêter une mutation si ample, de fonds, surtout si elle engage un meilleur rapport d'équilibre entre les forces vives et les élites. Uber en est un témoignage formel. Et c'est cela que je voulais évoquer. 

mardi 16 juin 2015

Adobe CC 2015 : nouveautés


C'est ce mardi 16 juin qu'Adobe a annoncé son traditionnel lot de nouveautés annuelles pour les créatifs. Voici celles qui ont retenu mon attention.

Photoshop CC 2015
Un nouveau mode de gestion de document, inspiré d'Illustrator, permet de rassembler les déclinaisons d'une même identité au sein d'un fichier unique, dans des formats différents. La gestion de l'export prévoit également une génération automatique du rendu des images, aux standards Web et mobiles ou en PDF. Une option qui devrait séduire tous les designers d'interfaces.

Dreamweaver CC 2015
Dreamweaver intègre MediaQuery, soit le moteur de Edge Reflow. On peut alors se demander pourquoi ont-ils conservé Reflow ? D'autant que Dreamweaver offre la possibilité de gérer le responsive à partir de conteneurs sémantiques, ce que n'autorise pas Reflow. Dreamweaver revient dans la course ?

Flash Pro CC 2015
Flash s'oriente sur les animations complexes pour les jeux et les interfaces riches, définitivement. Une extension nommée Character animator permet en effet d'animer des personnages à partir d'une captation Webcam (lipsync...). Flash réintègre également l'outil de cinématique qui aide à traiter avec des objets articulés. Le tout, exporté en HTML5 ou en vidéo HD. Idéal donc pour les motion designers.

Adobe Stock
Le célèbre Fotolia intègre désormais la suite sous la forme d'un avoir de 10 images annuelles par licence, incluses dans votre abonnement.

Les grands absents :

  • InDesign qui n'intègre plus l'export DPS.
  • Edge Animate, dont on attend de sérieuses évolutions et une plus grande stabilité.
  • Toujours pas d'encodage Web standard Webm ou Ogv dans Media Encoder.
  • Flash Pro permet enfin d'importer le format vidéo h264, mais ne permet pas d'exporter une animation qui en contient. De quoi brouiller plus encore les cartes d'un logiciel qui peine à faire comprendre qu'il ne génère pas que du SWF mais aussi de la vidéo et du HTML5. Si un outil qui publie au format vidéo annonce ne pas permet d'exporter en h264, il y a de quoi en perdre son latin. Pour lever toute ambiguité, retenez que Flash produit des vidéos, mais uniquement à partir des animations réalisées directement dans Flash.

De nouvelles annonces sont prévues courant juillet, concernant les nouveautés liées à DPS, hélas réservées aux très grands comptes. DPS survivra-t-il ? A suivre.

samedi 13 juin 2015

Futur en Seine et Pandasuite


A l'occasion du festival de la création numérique Futur en Seine, à la Gaîté Lyrique, à Paris, on y découvre ce week-end de nouvelles inventions dont : des solutions d'édition numérique basées sur de la réalité augmentée, l'impression 3D personnalisée, des jeux de plateau couplés à des périphériques mobiles, des solutions domotiques ou de l'intelligence artificielle pour objets connectés.

Mais, il y a avant tout, étage 4, le stand de nos nouveaux amis de Pandasuite ! Et pour l'occasion, j'ai l'immense bonheur de pouvoir vous communiquer une offre promotionnelle exclusive de -20% sur votre première application. Pour en bénéficier, voici le code de réduction :

HAPPY2015

Le site de l'éditeur :
https://pandasuite.com/fr

lundi 8 juin 2015

Réforme de la presse imprimée


Fleur Pellerin, ministre déléguée à l'économie numérique, lance ces jours-ci la réforme de la presse imprimée. Quelles conséquences pour les créatifs digitaux que nous sommes ?

D'abord, cette réforme ne cache pas son objectif : réduire le montant des 820 millions d'euros que touche la presse française sous la forme de subventions, pour exister. Cette somme est en effet utilisée pour acheminer les titres jusqu'aux lecteurs aussi bien que pour maintenir certaines rédactions en vie. Dans cette réforme, la ministre souhaite réserver ses subventions uniquement à la presse politique.

Une manière d'acheter la critique, peut-on imaginer de la part d'un politicien. On comprendra aussi pourquoi certains groupes ont choisi, avant cette annonce, de ne conserver que les titres politiques.

Mais, de manière encore plus pragmatique, et ce sera l'objet de mon post aujourd'hui, ce qui nous concerne est ailleurs. Si les aides publiques ne permettent plus à la presse de loisirs de se maintenir, alors, à l'anglo-saxonne, et puisque le lecteur ne dispose pas d'un pouvoir d'achat grandissant, ce sont les sponsors qui la financeront davantage.

Que cela induit-il ? Il est intéressant de rappeler que les solutions d'édition numérique intègrent de plus en plus de fonctions de tracking des usages et de profilage, favorable à l'émergence de ces mêmes annonceurs. De même, comme cela tend à en devenir la règle, dans la presse de loisirs, ce sont les mêmes annonceurs qui financent certains articles enrichis dès lors que ces articles placent leurs produits.

Si la nouvelle sera douloureuse dans un premier temps pour les circuits traditionnels de la presse (quoi que, lire La Presse 3.0), pour nous autres créatifs, c'est au contraire une très bonne nouvelle. Si je me spécialise dans les contenus enrichis et interactifs, bien plus que dans les dispositifs de mise en forme automatisés, en tant que créatif, j'ai plus de chance de tirer mon épingle du jeu, n'est-il pas ? Les solutions automates ne seront bien sûr pas en reste, mais est-ce bien l'affaire d'un créatif ?

Ce que je souligne ici, une nouvelle fois, c'est la fragmentation de la profession en deux entités : les créatifs graphistes, d'un côté, chargés de réaliser des modules enrichis et animés (comme les flasheurs Web des années 2000), et les développeurs, de l'autre, chargés de mettre en place des routines de mise en forme automatisées et responsives (aboutissant à des kits clé en main, tels Wordpress). C'est à peu près le même schéma que celui connu dans le Web des années 2000, que nous voyons amorcé maintenant, et forcé par la ministre qui en a bien mesuré les enjeux, contrairement aux vindications pourtant légitimes de ceux qui vont devoir se remettre en question.

Le schéma Web se répète, tout simplement, mais vers les mobiles.

mercredi 3 juin 2015

Aquafadas : nouveautés 2015


C'est aujourd'hui qu'Aquafadas annonce officiellement sa roadmap pour 2015. En voici les principales lignes :
  • Vitesse de génération accrue. Le moteur du plugin pour InDesign est recodé nativement.
  • Ergonomie du plugin revue. Enfin !
  • Nouveau moteur Epub3 adapté aux solutions de génération et d'indexation automatiques. Rappelons qu'Apple oblige désormais tout ePub à apparaître indexable, ce qui élimine les ePubs "fixe layout" de votre workflow habituel !
  • Export au standard EduEpub. De nouvelles normes sont prises en charge tels que LRS.
  • Convert reflow qui extrait un PDF pour le convertir en HTML5 Reflow.
  • Analitycs mis à jour avec une nouvelle interface plus didactique et des contrôles d'audience plus précis qui rattrape l'exclusivité de DPS sur le sujet.
  • Export Mac et Windows, pour Desktop et plus tard pour Windows mobile. Absolument énorme ! Le player natif des OS exploite un viewer HTML5 natif. C'est le même contenu que l'export HTML5 qui sera injecté dans ces nouveaux devices. Aquafadas va désormais être vraiment disponible sur tous les OS et de manière totalement responsive.
  • Aquafadas oriente ses développement sur les phablettes désormais devant les tablettes. Le marché est en effet plus favorable désormais aux phablettes.
  • Un Reader epub maison permettra de faire de l'analytics. Les reader autres bloquent tout système connecté en effet pour raisons de sécurité, ce qui interdisait les contenus dynamiques connectés et les contenus adaptés au profil de l'utilisateur.
  • Arrêt des standard openEFT et SWF ! Flash SWF is really dead.
  • IBeacon est également dans la course. La gestion des contenus personnalisés selon la géolocalisation du périphérique et selon les requêtes entrantes locales sera bientôt disponible.
  • L'option de reconnaissance d'images dont nous avons déjà parlée devrait également faire son apparition.
De quoi rassasier pleinement les anciens utilisateurs de Adobe DPS qui, comme le veut la tendance 2015, ont choisi de migrer largement vers Aquafadas.

Le digital publishing se professionnalise


Les solutions d'édition numérique se professionnalisent et marquent un tournant dans l'ère du digital publishing. Depuis plus d'un an maintenant, on distingue en effet les solutions qui s'orientent vers du reflow, du responsive, de la mise en forme automatisée et conçues pour du volume important de données, de celles qui privilégient l'expérience richmédia one shot et sur mesure, plus graphique, plus impactante, plus émotive.

L'évolution du digital était prévisible et nous l'avions d'ailleurs anticipée sur ce blog. Elle reprend les problématiques déjà rencontrées avec l'émergence du Web, il y a 20 ans.

Ainsi, si votre stratégie est plus une stratégie de flux et d'analyse du lectorat, vous pencherez, comme pour le web, sur des technos plus profilées ssii, chez Aquafadas ou DPS. Ces solutions intègrent de plus en plus d'options responsives basées sur HTML5 et donc, facilement indexables. Ticket d'entrée dans les 20 000 à 30 000€.

Si, en revanche, vous préférez renforcer votre expertise de designer, de concepteur richmédia, de réalisateur auteur, vous privilégierez les solutions plus immersives et sur mesure, comme Pandasuite ou Aquafadas dans une moindre mesure.

Moi, en tant qu'ex flasheur, vous devez de quel côté je penche ; )