dimanche 4 octobre 2015

Adobe DPS 2015

Le nouveau DPS 2015 est arrivé. Petit tour d'horizon.

La logique de production Adobe a donc évolué, depuis près d'un an, en recentrant sa solution sur une approche d'abord marketing avant l'approche purement créative jusqu'ici mise en avant par la marque. Nous l'attendions tous. Quid de ces modifications ?

Le système de déploiement d'un titre numérique via Adobe induit non plus des contenus fixes et publiables de manière périodique, mais des contenus responsives (élastiques) publiables à tout moment et en tout lieu. Mais attention ! Si la promesse reste tenue, la solution ne semble pas plus séduisante pour autant, pour tous. Détails.

Si le responsive, la publication instantanée, et la localisation du contenu, semblent nouveaux dans la sphère du digital publishing, ce n'est en fait rien d'autre que ce que le Web connaît depuis l'existence de PHP et des CSS. Ainsi, devons-nous comprendre qu'il est possible de créer un site aux fonctionnalités équivalentes avec un bon thème Wordpress à 30€ pour ne pas avoir à souscrire à l'abonnement Adobe de quelques dizaines de milliers d'euros annuels ? Abonnement, en outre, personnalisé à la tête du client comme le confirme le site officiel Adobe :

"Le tarif du modèle de licence par application varie selon les cas d’utilisation et le nombre d’utilisateurs, de manière à répondre à tous les besoins et tous les budgets."

Autre point, il n'est plus possible non plus de tester sa création dans un Viewer ou une application dédiée sans avoir souscrit à cet abonnement. Et en outre, il vous restera à gérer la publication de votre applications, certificats compris. Une gageure pour des néophytes et une mauvaise nouvelle pour l'éducation qui pouvait se contenter d'une publication dans le Viewer.

Quels avantages apparaissent alors finalement avec cette nouvelle mouture de DPS (désormais Digital Publishing System au lieu de Digital Publishing Suite) ?
  • L'offre intègre un tableau d'analyse et de programmation des affichages, comme le ferait un bon CMS, donc. Mais, avantage à Adobe, il permet de piloter aussi les contenus fixes réalisés depuis InDesign, et pas seulement les contenus HTML.
  • L'application exporte également sous les trois OS mobiles : iOS, Android et Windows. Il y a donc le volet Windows (3% du marché) qui peut, occasionnellement, justifier son attrait. A moins de republier le tout via un PowerPoint, tout simplement.
  • La solution reste fonctionnelle et compatible au demeurant avec les Overlays de InDesign. Mais uniquement pour un affichage fixe. Et oui, ledit responsive promis par Adobe vient en fait de vos propres développements HTML. Dommage ! On vous vend donc le responsive que vous apportez par vos développements propres. Incroyable non ?
  • Les articles sont désormais encapsulables dans des Collections (et non des folios) à partir du tableau de bord Adobe, en ligne, et non plus depuis la palette FolioBuilder qui a nécessairement disparue de InDesign. Le dispositif permet, comme dans un back-office de site Web ou de CMS de type Wordpress, de gérer la temporalité des contenus et leur distribution.
Maintenant, il est clair que se contenter d'un site Wordpress pour de l'édition privée sous la forme d'une application native et propriétaire, monétisable, n'est pas envisageable. L'utilisateur perdrait en vélocité et l'éditeur en événement monétisable (tracking des usages, achats intégrés, vente d'abonnements). Mais, Adobe n'est pas seul sur le marché. Et c'est la le problème. Un projet Wordpress ou vos pages fixes de InDesign peuvent absolument être embarquées dans d'autres solutions digitales au tarif plus accessible !

Il semble que la solution DPS 2015 offre donc une réponse surtout à ceux qui cherchent à analyser le traffic et à être présent sous Windows (ou cependant les Overlays n'apparaissent pas encore tous compatibles).

Ainsi, la solution Adobe DPS 2015 répond aux usages des tablonautes, et de quelques éditeurs ciblés sur l'édition de contenus presse très utilisateurs d'espaces publicitaires ou en quête d'analyse des usages (assureurs, opérateurs, voyagistes). Mais, son coût de mise en oeuvre me laisse circonspect sur son usabilité par le plus grand nombre (communication d'entreprise, catalogues numériques, livres interactifs, campagnes impactantes, e-learning) et l'employabilité de ses utilisateurs (si la solution reste chère, qui l'utilisera?). 

Par conséquent, je ne peux que renouveler mon attachement aux logiciels Adobe traditionnels dédiés à la création graphique pure (Photoshop, Illustrator, After Effects), plus proches du contenu. Et je continue de m'orienter personnellement vers d'autres solutions pour ce qui relève de l'édition numérique accessible, événementielle et richmédia.

A suivre.

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