jeudi 5 février 2015

L'Internet des objets


Le digital, c'est has been, voici l'Internet des objets !

Et oui, ça bouge. L'investissement dans les nouveaux supports connectés n'est pas amorti (marché balbutiant en 2008, en développement depuis 2011, en baisse cette année) que nous changeons déjà de fusil d'épaule. C'est le numérique !

Comme le rappelle Christian Ménanto sur RTL ce jeudi ou l'AACC au salon du cross-média hier, ce qui compte, ce n'est pas l'objet en tant que tel, mais l'émotion qu'il induit !

Avec ma petite expérience du web richmédia, et des interfaces enrichies en animation, vidéo, liées à des bases de données, je nuancerai encore plus cette notion récurrente de l'émotion. L'émotion oui, ça marche, mais une seule fois par objet. L'effet "ouawou" ne fait revenir que pour partager ou voir, mais ça ne dure jamais. La véritable pérennité nait de la notion de service. Si votre création, en plus d'être émotionnelle est liée à un service, alors, oui, l'investissement est utile et votre création sera pérenne.

La véritable leçon de la baisse des ventes d'iPad et de PC au profit des phablettes ou des tablettes bon marché est que : si l'objet, aussi beau soit-il, ne sert à rien, voire, vous encombre, vous pouvez l'oublier. Il en est de même pour son contenu. Les formes et les formats changent parce qu'ils ne se révèlent pas utiles en tant que tels.

Les projets digitaux s'orientent nécessairement aujourd'hui vers cette notion de service, et donc, pour les designers que nous sommes, d'animation liée à une fonction. C'est ce que l'on nomme aussi UX design.

Plus que jamais, il est donc nécessaire de dompter les outils qui offrent le plus de souplesse, de personnalisation et d'intelligence. Les solutions bridées, les transpositions stériles de titres papiers sur du digital, sans service, sans plus-value, les gadgets, c'est fini.

Ces engouements passagers auront au moins cela d'utile, c'est qu'ils nous confortent dans nos missions de designers. Un designer, c'est un architecte de la fonction, ce n'est ni un simple maquettiste ni un pur technicien du développement. Et le format importe peu, pourvu qu'on ait l'ivresse !

C'est sans doute pour cette raison que déferlent de plus en plus les offres d'emploi d'UX designer. Les recruteurs, même s'ils ne distinguent pas encore nettement le rôle de ce métier créatif et le confondent souvent avec DA (Directeur artistique) ou UI (designer d'interface), sentent qu'ils ne doivent pas louper la marche. Mais c'est à nous de rester pédagogues et de clarifier ces enjeux.

Il ne faut pas seulement mettre en forme, mais bien penser au but de chaque forme. Pourquoi ne puis-je pas me passer de telle ou telle forme ?  Ce que je produis est-il utile ? L'Internet des objets, ce nouvel eldorado, n'est encore qu'une illusion de plus. Il n'aura pas plus d'intérêt qu'une autre mode hi-tech s'il déporte l'inutilité d'un périphérique vers un autre.

L'échec des Google glass est un autre témoignage de la gadgétisation de nos usages. Pour ne pas se tromper, il faut penser la fonction. Là, vous aurez la réponse.

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