mardi 30 septembre 2014

Adobe abandonne les formats FLV/F4V


La vidéo dans Flash, c'est fini. Adobe abandonne le FLV et le F4V ! Après l'annonce de l'abandon du format Air (voir ce précédent article), et maintenant l'abandon des formats FLV et F4V, est-ce l'annonce de la fin du format SWF ?

Les formats vidéo FLV et F4V ont été conçus au milieu des années 2000 pour une exploitation de la vidéo à travers le format Flash SWF. Rappelons que FLV est un codec Mpeg-2 et que F4V désigne un codec Mpeg-4 H264. F4V est donc supérieur qualitativement que FLV mais ne gère pas l'alpha.

Les technologies Air et SWF ont progressivement été abandonnées par les développeurs au profit de standards HTML5 maintenant bien intégrés par les OS. Adobe a d'ailleurs introduit des alternatives HTML5 probantes avec Edge Animate et Flash Canvas pour compenser le format Flash SWF. Et DPS SDK remplace favorablement le format Air. Il n'y a donc plus beaucoup de raisons d'utiliser les formats Flash Air et SWF à ce jour, sinon pour quelques rares expériences de gaming qui privilégieront peut-être du 100% natif.

Suite à l'annonce de l'abandon du format Air, donc, voici celui également implicite des formats FLV et F4V. Lorsque vous lancez Adobe Media Encoder CC 2014, vous remarquerez qu'il n'est en effet plus possible d'exporter dans ces standards. Ils ne sont ainsi plus pris en charge par Adobe.



En retirant la vidéo du format Flash SWF, puis en abandonnant le format Air, nous devinons que les jours sont comptés pour le standard SWF et son player. Pour publier les vidéos aux standards Web, utilisez désormais le mp4 et Animate.

Si vous souhaitez néanmoins obtenir un fichier FLV ou F4V, avec CC2014, saviez-vous que Flash ne tient pas compte de l'extension de votre vidéo, en réalité. Et donc, vous pouvez tout aussi bien partir d'une vidéo Quick Time MP4-H264 et changer son extension en .f4v, voire, ne pas changer d'extension. Cela marchera quand même. Idem avec le FLV si le codec est un On2VP6.

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lundi 29 septembre 2014

CFPJ : La presse sur tablette


Le 1er vrai bilan de la presse numérique vient de paraître aux éditions CFPJ (disponible le 10 octobre 2014). Leurs auteurs, Cyril PETIT (rédacteur en chef du JDD, Lagardère) et Vincent MAS (Lagardère, Bayard Presse), y ont rassemblé les usages et des myriades de conseils pour la presse francophone. J'ai eu l'immense honneur d'y participer et vous invite donc à le lire vivement ! Une réponse qu'attendent probablement tous les éditeurs à l'heure où des choix s'imposent.

Le premier livre consacré à la presse numérique
  • Tablette et phablette : comment donner un coup de jeune à la presse ?
  • Papier/ordinateur/mobile/tablette : comment mettre en place le quartet de l’info ?
  • Journalistes et développeurs : comment les faire travailler ensemble ?
  • Lecteurs et annonceurs : comment les convaincre ?
Un ouvrage pratique basé sur l’expertise
  • Une analyse précise d’applications tablette pour réinventer le journalisme
  • Des reportages au coeur de rédactions innovantes
  • Des interviews d’experts et acteurs des publications numériques
  • Des conseils et astuces pratiques
La presse sur tablette :

Les ventes numériques des quotidiens et magazines augmentent chaque jour. Le journal sur tablette remplacera-t-il le journal papier ? Tous les éditeurs lancent des applications destinées à ces écrans de 13 pouces et à leurs petites soeurs, les « phablettes ». Certains vont même jusqu’à bandonner les rotatives pour se consacrer à l’information sur tablette. Plus du tiers des foyers français sont, déjà, équipés d’au moins une tablette. Et ces lecteurs numériques, toujours plus nombreux, dictent les usages. On tap, on swipe, on scrolle. Et on s’informe. Au lit surtout, lieu principal de la lecture de la presse sur tablette… En attendant la percée des « phablettes », plus mobiles. « La tablette n’est qu’au début de son histoire », explique Juan Señor, l’un des principaux experts sur les publications numériques. Un nouveau média. Le seul qui puisse satisfaire en même temps les doigts, les yeux et les cerveaux…
Comment réussit-on un journal ou magazine sur tablette ? Comment y mettre en scène, en forme et en valeur l’information ? Pour quels projets éditorial, technologique, marketing et publicitaire ? Combien ça coûte ? Apple Store, Android Market, Google Kiosk : comment s’y retrouver ? Cet ouvrage est une réflexion sur la place de la tablette dans l’univers des médias et dans le journalisme. Basé sur de nombreux reportages, interviews et cas pratiques, il est aussi un mode d’emploi pour réussir sa publication numérique.

Sommaire :
Avant propos. Avril 2010, dans les coulisses du premier mag français sorti sur tablette
Introduction. « Nous ne sommes qu’au début d’une belle et longue histoire »
Partie 1. Comprendre ce nouveau média
Chapitre 1. Un développement fulgurant et inédit
Chapitre 2. La lecture sur tablette, mode d’emploi
Chapitre 3. Les ventes de journaux numériques bondissent
Partie 2. Réinventer le journalisme
Chapitre 1. Ni du papier, ni du Web : une nouvelle façon d’informer
Chapitre 2. Voyage dans les journaux sur tablette existants, en France et dans le monde
Partie 3. Mettre en scène les contenus
Chapitre 1. Les cinq grandes familles d’applications presse
Chapitre 2. Navigation et interface
Chapitre 3. Le storytelling et le design
Chapitre 4. Les interactions et enrichissements
Partie 4. Mener à bien son projet
Chapitre 1. Comment concevoir un projet ? Quelle équipe réunir ?
Chapitre 2. Les différentes méthodes pour produire le contenu
Chapitre 3. Intégrer la publicité
Chapitre 4. Diffuser et faire connaître sa publication
Partie 5. Choisir sa solution technologique
Chapitre 1. Les différentes données techniques à intégrer
Chapitre 2. Les différentes solutions techniques
Conclusion. Le support ne remplace pas la qualité de l’info
Postface. Mes 10 conseils pour réussir sa publication sur tablette
Auteurs

Références
Octobre 2014
256 p.
16 X 23 cm
28,50 € TTC + port
ISBN 978-2-35307-031-2029

Bon de commande :

Jeremy Rifkin : La société collaborative


Voici le dernier livre de Jeremy Rifkin : la nouvelle société du coût marginal zéro. Il dessine les contours d'un nouveau modèle de société directement inspiré de la mécanique de partage que nous connaissons à travers nos pratiques numériques quotidiennes.

A l'image de la réflexion poussée également par les philosophes français (M Serres et B Stiegler) évoquée lors d'un précédent article sur ce blog, Rikfin comprend que le monde a basculé dans une logique économique horizontale, d'intérêts collectifs, durable et gratuite, et non plus dans une logique idéologique et empirique verticale, fossile, autoritaire, menaçante, à la manière de celle encore soutenue par nombre de nos élites. Ce monde-là est fini et laisse émerger les communaux collaboratifs, les "wyers" que nous incarnons.

http://www.editionslesliensquiliberent.fr/livre-La_nouvelle_soci%C3%A9t%C3%A9_du_co%C3%BBt_marginal_z%C3%A9ro-400-1-1-0-1.html

Vous trouverez un entretien de Rifkin dans la deuxième partie de l'émission Ce soir ou jamais de Frédéric Taddeï, du vendredi 26 septembre 2014. Il y détaille son approche.

vendredi 26 septembre 2014

Formation aux logiciels graphiques


Swipe & Swipe | Formation continue, vous présente son catalogue de 30 stages en création numérique et 8 cursus métiers. Ces stages intra-entreprise orientés logiciels graphiques sont pris en charge par vos OPCA habituels :

http://www.swipe-et-swipe.fr/?c1

jeudi 25 septembre 2014

Twixl Publisher 3.6 séduit


Twixl Publisher, solution de publication digitale anglophone, un peu moins connue que DPS et Aquafadas, offre des services équivalents qui pourront séduire les utilisateurs historiques de DPS et Aquafadas à un moment où DPS reste complexe à domestiquer malgré un tarif attractif (zipper le html, gestion du sidecar.xml, états d'objets) et où Aquafadas se concentre sur l'ePub et du HTML5 alors que la gestion d'un kiosque natif de type Newstand attire de plus en plus d'éditeurs sur iOS, Android, Amazon et désormais Windows mobile. C'est que Twixl propose un Newstand multi-OS natif à partir de 1750€ !

Voici une démo réalisée par Branislav Milic et Luk Dhondt qui expose clairement le workflow de Twixl en près de 2h. Une démo qui vaut le détour clairement exposée en français.


En résumé :
  • Twixl offre un workflow rapide et offline, par opposition à DPS.
  • Twixl offre moins d'enrichissements qu'Aquafadas et autant que DPS, Twixl reste plus souple néanmoins sur le HTML.
  • Twixl poursuit ses développements pour tablettes vers les formats natifs, comme DPS, par opposition à Aquafadas qui mise sur le standard ePub et Web.
  • Twixl prépare une solution isolée pour les smartphones, calée sur un flux HTML5 100% responsive, car ils estiment que l'on aborde sur smartPhone un produit nécessairement distinct de celui conçu pour la tablette.
  • Twixl gère les multiples orientations et ratios dans un seul et unique document, en plus poussé encore qu'Aquafadas et par opposition à DPS qui induit un fichier par type de configuration.
  • Une application iOS single-issue est vendue dans un forfait annuel de 750€ pour un nombre d'application single iOS/Android/kindleFire illimité. A ce jour, la single-issue reste encore disponible dans un abonnement CC. Elle requiert une licence de kiosque par OS et par package pour Aquafadas (soit 760€ pour toutes les plateformes, sans l'hébergement).
  • Un kiosque Newstand iOS/Android est vendu 1750€ + 0,0385cts/load au delà de 5000 loads. Twixl ponctionne donc près de 4cts par téléchargement au-delà des 5000 premiers, soit moins que DPS, mais plus que Aquafadas qui ne prend pas de commission.
  • Les parutions peuvent être exportées par article, par livre, et partagées via un Dropbox gratuitement à tout utilisateur disposant de Twixl Viewer, comme DPS et Aquafadas, bien que pour DPS il faille gérer le partage en ligne et pour Aquafadas prendre acte de la durée limitée de l'affichage à 15j.
  • Une option de gestion globale de la licence lecteur (possibilité de lier la version numérique d'un magazine à un abonnement papier, par exemple) est disponible à 1250€ de plus pour un kiosque unique à multi-parutions, soit pour un montant global de 3000€, par opposition à la solution Aquafadas qui requiert une intervention sur serveur de 4000€ environ en plus du prix initial de vos licences et de DPS qui apporte la solution à partir de 14 000€.
Ainsi, Twixl offre une réponse qui semble de plus en plus adaptée aux éditeurs modestes recherchant un kiosque Newstand multi-OS unique à moins de 2000€/an, ou à licence globale à 3000€/an, quand DPS et Aquafadas priorisent de plus en plus leurs actions pour des projets plus ambitieux (enrichissements nombreux et natifs seulement iOS/Android/ePub pour Aquafadas, tracking d'audience avancé et multi-OS à partir de 3660€HT/an pour DPS et plus si l'on souscrits aux options utiles).

Grille des tarifs Twixl :


Quelques écrans du plugin Twixl :



Détail des fonctionnalités de Twixl :
  • Movies and audio
  • Slide shows with lots of display options
  • Scrollable content
  • Image sequence
  • Panorama VR
  • Animations
  • Action buttons
  • Horizontal and/or vertical orientation
  • Horizontal swipe
  • Vertical swipe
  • Horizontal Swiping Only
  • Page link
  • URL link
  • Mail link
  • Web viewer for external or embedded web content
  • Web overlay
  • Table of contents support
  • Analytics options
  • Creating a build
  • Creating “multi-issue” or "kiosk" applications
  • Single-issue (standalone) vs. multi-issue (kiosk) apps
  • Share via e-mail, Facebook or Twitter
  • Bookmarks (favorites)
  • PDF compatible
Exemples de titres réalisés via Twixl :
http://twixlmedia.com/en/showcases

Les fichiers d'exemple utilisés dans la démo sont disponibles en téléchargement libre sur le site de l'éditeur ainsi que le plugin pour votre version d'Indesign. Pour en savoir plus sur Twixl, l'adresse de l'éditeur :
http://twixlmedia.com/

mercredi 24 septembre 2014

Aquafadas 3.5 : Web Reader HTML5


Aquafadas lance cette semaine la version 3.5 du plugin Indesign, incluant un nouveau moteur de publication HTML5.

Fonctionnalités du lecteur Web HTML5 :
  • Export en HTML5 ou SWF, au choix.
  • Export aplati en images ou en texte natif, au choix.
  • Une large palette d’enrichissements :
    • Images (avec effet Ken Burns)
    • Diaporama
    • Audio et Vidéo (avec fonction Auto-play, boucle et contrôle par l’utilisateur)
    • HTML (Liens et pages embarqués)
    • Lecture Guidée
    • Images animées
    • Mise-en-page défilante
    • Actions (telles que Ouvrir Vue Web, Aller à Article, Ouvrir Pop-up, Changer Visibilité Objet and Changer Visibilité Calque)
  • Polices embarquées pour un rendu parfait sur tous les écrans
  • Compatible avec tous les navigateurs Web pour ordinateurs (IE, Chrome, Safari, Firefox, Opera)
  • Affichage depuis un navigateur mobile (fonctions multi-touche pas entièrement compatibles)
  • Mode plein écran
  • Navigation via clavier ou souris
  • Menu et boutons
  • Deux modes de navigation : de droite à gauche ; de gauche à droite
  • Navigation par pages (droite à gauche) et par article (haut en bas)
  • Un zoom ultra-performant, de qualité Retina, pour l’affichage des images
  • Transition animée entre les pages
  • Personnalisation possible du WebReader : fonds d’écrans et boutons de navigation peuvent être personnalisés depuis la fichier CSS

Aquafadas annonce, par cette mise-à-jour, prendre clairement le virage de l'ePub en complément des formats natifs existants (iOS/Android). Rappelons qu'Aquafadas appartient au groupe Rakuten, propriétaire de la tablette Kobo. La stratégie de valoriser les publications pour ce support est donc tout-à-fait logique pour l'éditeur. Il n'est en revanche pas question pour Aquafadas de développer de nouveaux formats natifs pour l'OS Windows mobile à l'instar de son concurrent Adobe, comme en témoigne l'équipe marketing. Le standard HTML5, selon Aquafadas, va devenir la plaque tournante de l'édition numérique et permettra d'intégrer une parution aussi bien dans un player natif, dans un navigateur Web quelle que soit la plateforme, que dans un format ePub. Ce même jour, il est également à noter qu'Apple s'est offert l'éditeur Prss, dispositif d'encapsulage automatique de flux RSS basé sur un workflow également HTML5.

Le prix de la publication en HTML5, à partir de votre projet indesign, est donc de 280€HT/parution. Vous obtenez un mini site, mis en forme dynamiquement à partir de librairies Javascript hébergées chez Aquafadas. Difficile, donc, de copier-coller un projet monté une fois pour éviter de payer de nouvelles licences. Mais l'objectif est d'abord de rendre l'affichage plus fluide en évitant d'intégrer des scripts inutiles si le projet ne les requiert pas. Vous pouvez cela dit intégrer des pages dynamiques en intégrant une page HTML connectée dans votre projet si vous tenez à automatiser certaines mises-à-jours au sein de votre parution.

J'ai eu l'honneur de pouvoir tester ce plugin début septembre. Bilan. Des fonctionnalités encore limitées. Mais les éditeurs modestes sont ravis de pouvoir enfin proposer une déclinaison de leurs numéros pour les navigateurs, dans un standard compatible avec les tablettes et de ne pas avoir à gérer une application pour ce faire. La première version de l'export n'incluait pas encore tous les enrichissements. Aquafadas certifie que leurs efforts se concentrent sur le déploiement de la plupart des extensions vers le HTML5, en priorité. De nouvelles mises-à-jour devraient donc suivre incluant leurs lots de fonctionnalités supplémentaires.

Voici un test publié à la va-vite, mais qui permet d'avoir un premier aperçu du potentiel de la version HTML5 d'une parution (désolé pour la calage des visuels) :
http://magazine-regard-bouddhiste.com/playerhtml5/rb001/

Nos amis d'Electricnews ont également publié un article sur cette mise-à-jour dans lequel vous verrez en détail la procédure de publication, similaire à l'export Web reader habituel :
http://electricstudio.fr/news/aquafadas-indesign-authoring-3-5-exporte-enfin-en-html5/

vendredi 19 septembre 2014

Démocratie et transmédia

L'Ecosse vient de perdre son indépendance à 55% suite au suffrage qui s'est déroulé hier. 45% des requêtes ne sont ainsi pas représentées, ni celles qui ont changé d'avis ou vont vouloir changer d'avis. C'est le propre de la démocratie. De représenter à un instant T une majorité M. Mais, voici l'ère du transmédia. Le transmédia peut offrir une nouvelle lecture à la représentativité des peuples. Détail.

Comme nous l'évoquions cet été dans un précédent article : Le digital par Michel Serres et Bernard Stiegler, le numérique peut changer la donne.
http://bloc-notes-arzhur.blogspot.fr/2014/07/le-digital-par-michel-serres-et-bernard.html

Plus en détail ici, à l'occasion d'un suffrage dont la tendance s'est curieusement retournée à la dernière minute et dont la valeur s'arrête à cet instant improbable, le destin des peuples apparaît scellé à un revirement in-extremis. Est-ce vraiment démocratique ? Qu'apporterait de plus juste une démocratie partagée, inspirée de l'univers hyperconnecté du transmédia ?

Le problème n'est pas d'ordre technique. Alors qu'il est possible de représenter l'avis des économistes, en temps réel, au centième de seconde, et d'adapter les actions économiques en fonction de ces avis, pourquoi ne pas le faire aussi avec les avis des peuples ? Ce moyen est déjà mis en oeuvre par la Bourse ! Pourquoi ne serait-il pas de même possible de représenter l'avis des peuples, en temps réel, au centième de seconde près et d'influer les actions des gouvernants en fonction de ces résultats, avec les contrôles qui évitent les déraillements, naturellement, mais avec une représentation un peu plus réaliste que celle qui sévit depuis quelques siècles et dessert en fin de compte chaque citoyen au profit d'intérêts des seuls élus et des économistes ? Lorsque l'argent a une influence à ce point effective au centième de seconde près, alors que le peuple a une représentativité relative, à la majorité seule, une fois par mandat... ! On peut s'interroger sur le rôle effectif de la démocratie. Ne sommes-nous sommes pas, par nature, du fait de cette prépondérance de l'économie, dans une plutocratie ? Factuellement, les peuples bénéficient d'une représentativité nulle.

Imaginerait-t-on en effet que les états interdisent aux marchés de s'exprimer, sauf par un suffrage orienté, une fois par mandat, à majorité absolue ? On s'en offusquerait. C'est pourtant le sort qui est donné à la population. La démocratie est par nature un leur.

Pour que l'avis de chaque individu soit vraiment respecté, et éviter les modèles sociétaux conflictuels (qui mènent ces mêmes peuples à se rebeller une fois le pied au mur, car en fin de compte mal représentés), la logique d'interaction et de représentativité propre au monde du transmédia, déjà expérimentée et effective pour la finance, mais existante également dans l'univers du jeu, des réseaux sociaux, de la publicité contextualisée, pourrait également servir les libertés de chaque citoyen du monde, en le représentant au moins autant que l'économie elle-même. La technique est disponible. Le peuple est en demande. C'est donc une simple question de choix d'un modèle de représentativité, de la part de ceux qui sont en place. Or, l est bien connu que les nouveaux modèles ne viennent jamais de ceux qui sont en place. Un choc de culture est amorcé.

A méditer.

samedi 13 septembre 2014

IBC Amsterdam : Nouveautés Adobe vidéo

Le salon IBC d'Amsterdam est l'occasion de lancer les nouveautés pour la plupart des acteurs de la vidéo. Adobe y a mis à jour sa suite en adoptant un ancrage adapté aux projets en réseau et en 4K.

Les logiciels sont maintenant compatibles 4K et AJA RAW (résolutions extrêmement élevées) pour la captation en ultra haute définition et sans compression. Idéal pour le compositing d'effets spéciaux de type incrustation ou pour le recadrage de vidéos même à destination d'un export uniquement HD.

Adobe semble rogner également le terrain jusqu'à lors réservé à AVID qui était quasiment le seul à pouvoir garantir une grande flexibilité de traitement haute résolution tout en jouant sur des traitements interconnectés. La mise en avant de la solution Adobe Primetime offre à ce titre une plateforme de diffusion streaming Web et TV particulièrement poussive. Vous pouvez pour ainsi dire organiser votre propre canal de télédiffusion et y associer des pages de publicités, dont Adobe analysera et vous rapportera les statistiques d'audience.

Concernant la partie plus Web, pas de nouveauté mais Adobe n'y est pour rien puisque ce sont les navigateurs qui peinent à intégrer les nouveaux standards. On attend dans les prochaines années la généralisation de nouveaux codecs h265 et VP9 maintenant validés (compatibles UHD, plus grande profondeur, framerate jusque 120ips), plus performants donc que h264 et VP8 (compatibles HD, profondeur limite, jusqu'à 30ips).

Sur la gestion de l'Alpha pour le Web, on peut relever les tentatives de création de nouveaux codecs Web exploitant la couche Alpha, comme le permis jadis le format Flash FLV basé sur lui un vieux Mpg-2. Mais les ingénieurs se heurtent aux incompatibilités des plateformes mobiles. La seule astuce un peu bricolée utilisée à ce jour pour ajouter une couche Alpha à une vidéo HD est de mixer une vidéo mp4 avec un module HTML5 développé en Canvas ou en SVG afin d'adosser un masque (lisse en SVG ou progressif en Canvas) à votre vidéo, dynamiquement. Bonne chance ! Retenez toutefois que calculer dynamiquement une couche Alpha reste excessivement gourmand en terme de ressources machines pour du Web. Et il est préférable, si la couche Alpha n'a pas lieu d'être générée dynamiquement en fonction des requêtes utilisateur, de l'intégrer en amont dans votre compositing vidéo, à partir d'After Effects. Le rendu se révèlera plus qualitatif et l'affichage nettement plus fluide, y compris sur les mobiles. L'orientation 4K de la suite Adobe offre donc toute la latitude pour ce type de traitement composite qui requiert une qualité très précise des roughs vidéo en amont, avant le calcul de rendu final et la distribution vers tous les réseaux.

Pour en savoir plus, MacG a publié le détail des nouveautés Adobe à IBC :
http://www.macg.co/logiciels/2014/09/adobe-ameliore-ses-applications-audio-et-video-84287

Pour accéder à la mise à jour de vos logiciels Adobe CC :
https://www.adobe.com/fr/creativecloud/catalog/desktop.html

mercredi 10 septembre 2014

Apple Watch : usage et format


Apple lance une montre connectée. Quel type de déploiement peut-on espérer sur ce nouveau périphérique hybride tactile et à roulette ?

Tout d'abord, notez que l'Apple Watch ne fonctionne en mode connecté que couplé à un iPhone 5 ou supérieur ! Ce qui représente déjà un frein extraordinaire à son usabilité puisque vous ne pouvez circuler qu'en étant bien équipé. C'est donc moins nomade que via un iPhone seul. Or, l'iPhone présente des dimensions de plus en plus grandes. Donc, quel est le modèle de nomadisme que propose Apple ? On peut concevoir qu'un écran miniature apporte un axe complémentaire à un périphérique encombrant (l'iPhone) qu'on ne sortira plus aussi facilement de sa poche que jusqu'à lors, à cause de son encombrement et de sa visibilité (pour éviter les vols à l'arracher). C'est semble-t-il le seul moyen de bénéficier de toute la promesse de Watch. A méditer.

Concernant les formats de publication, si vous devez rendre disponible votre création sur l'Apple Watch, vous devrez créer une application native Apple iOS spécifique puisque Safari n'est pas disponible dans cette première version de la montre. Néanmoins, pensez déjà à adapter vos pages Web de sorte qu'un contenu épuré soit disponible à cette résolution pour le jour où Apple décidera d'implémenter Safari sur le périphérique. De plus amples informations techniques, dont la résolution, seront disponibles en janvier 2015. A suivre donc.

iPhone 6 Plus : RAS


L'iPhone 6 Plus est-il révolutionnaire et justifie-t-il un salaire de smicard pour se l'offrir ?

Le nouvel iPhone apporte quelques évolutions dont un confort adapté aux belles images, un système de paiement intégré et une carte 3D performante. Mes commentaires :

1) L'image
On retiendra la résolution native du périphérique en HD 1920 x 1080px (de ratio 16/9è) qui vous permet de publier des vidéos directement vers tous les circuits audiovisuels existants (Youtube, Vimeo, votre serveur Web) en se conformant aux standards déjà gérés par les autres marques de périphériques. On appréciera la capacité de l'appareil à stabiliser l'image tout en bénéficiant d'une mise au point automatique et d'un bon niveau de contraste, à condition toutefois de les transmettre par le câble ou un service tel que Dropbox, au risque d'une compression trop forte si vous la diffusez par mail. Idéal donc pour reporters ! Mais ce sont des mécaniques déjà disponibles sur d'autres produits Android. A méditer.

2) Le paiement intégré
Le système de paiement intégré peut simplifier les achats, mais s'avère disponible pour de grandes chaînes de distribution uniquement. Apple ne communique pas sur la marge que se prend la pomme à chaque transaction (rétrocédée par les systèmes de cartes de paiement partenaires : Visa, MasterCard, American express), mais avouez que sortir 1000€ pour une carte bleue qui vous offre la possibilité d'acheter des produits dont on peut sans doute se passer (Mac Do, Disneyland, déverrouillage de sa chambre d'hôtel), a de quoi faire réfléchir. Personnellement, je préfère me payer un bon resto frenchy en payant cash. Tout le monde y trouvera son compte ; )

3) La 3D
La carte d'accélération 3D en fait une plateforme intéressante pour le gaming et rivalise avec les consoles. Un segment très ciblé, un peu trop peut-être pour y entrevoir de nouveaux modèles de déploiement.

Conclusion : Rien à signaler, si ce n'est la tendance que suit désormais Apple, imposée par les autres marques, d'un device de plus en plus large et immersif, pouvant rivaliser avec la tablette. En effet, l'avantage d'une phablette par rapport à un petit smartphone est que vous disposez d'un écran pour lire et produire, tout en conservant un seule forfait pour connecter le tout avec, du fait de la taille relativement compacte de l'ensemble face à une tablette, une réelle mobilité. La tablette, elle, reste dans le canapé.



Cap digital : la presse et les datas


C'est à l'occasion de la conférence Cap digital de cette rentrée que la crème des acteurs français du numérique est venue exposer son approche sur les enjeux des données connectées dans la presse aujourd'hui. Petit résumé de cette présentation qui s'est déroulée dans les locaux de l'école des Gobelins, un des partenaires du club.

Au rendez-vous :
  • Aquafadas,
  • Hexaglobe,
  • Immanens,
  • Syllabs,
  • Ico partners,
  • The economist,
  • Le Gfii,
  • Dataveyes,
  • Panasoft,
  • Opendatasoft.
Et dans le public des plus illustres représentants des groupes de presse francophones.

1) Recréer la marque

Tous les intervenants constatent que la plupart des solutions choisissent le format XML et HTML5 pour centraliser toutes les données avant de les pousser vers des coques applicatives tierces (ipa, apk, web reader html5, epub...). La question désormais n'est plus de savoir dans quel format publier, mais comment valoriser et qualifier l'information afin de la distinguer des circuits gratuits ou des sites qui ne vérifient pas l'information, pour valoriser la marque, recréer l'appétence, et rendre utile l'appropriation d'un titre par achat à l'unité, par article, par thématiques, par types de contenus (les vidéos, les datavizs, la finance), par abonnements très personnalisés en fonction de besoins ciblés.

L'erreur du passé semble effectivement avoir été de trop miser sur des routines automatiques et des espaces pubs à faible coup par clic, qui ne valorisaient pas l'aspect éditorial du contenu. Typiquement, un canard qui ponds des dépêches AFP sans les retraiter a contribué largement à tuer l'écosystème. En effet, le CPM (coût de la pub au clic) a diminué à mesure que les mêmes contenus étaient visibles partout avec le même traitement. Les erreurs effectuées jadis sur l'essor du Web ne doivent pas être reproduites dans la presse pour périphériques tactiles. Les éditeurs reviennent à une offre payante. Et les systèmes de tracking d'audience utilisés doivent davantage aider les éditeurs à cibler le traitement d'un contenu plus qu'à cibler la pub pour renforcer encore plus la marque et l'identification au sein de la parution (ex : un Ouest-France peut apporter l'information du trafic routier sous la forme d'un dataviz de votre quartier, reporter les résultats d'élections locales de votre quartier à travers une animation calculée en temps réel, modéliser les résultats sportifs des petits clubs, etc).

Aujourd'hui, les éditeurs remarquent que les annonceurs veulent eux-mêmes recréer l'approche éditoriale abandonnée par quelques titres. Et le danger pour la presse est de se voir déposséder de leur audience. Les annonceurs n'hésitent pas pour cela à recourir à la création de eMags, de réseaux sociaux, d'expériences numériques collectives. Mais que restera-t-il alors à la presse ? Comment réagir ?

2) Recourir aux datavizs

Les datavizs semblent une réponse efficace pour la presse numérique afin de valoriser leur manière de voir, singulière. Un dataviz n'est pas une simple mis en forme graphique des données. C'est une narration vivante, interactive, contextuelle, calculée en temps réel à partir de données collectées. Les sociétés Dataveyes, Panasoft et Opendatasoft ont exposé ici leurs travaux et révélé combien les outils sémantiques et graphiques qu'ils développent (on est dans le pur design d'interaction, je jubile) ont permis de revaloriser le rôle de l'éditeur face à un flux de données brutes sur une actualité quelconque (ex : trafic routier, résultats sportifs, résultats des élections ville par ville, tableau sociologique de la ville de Rennes, etc). La manière de présenter ces données sur les nouveaux périphériques apporte une lecture très adaptée aux nouveaux usages, impossible à reproduire sur du papier, et contribue à renforcer l'identité d'une marque ou d'un éditeur en lui permettant d'apporter, à ces données, son analyse propre. Le rôle de l'éditeur et du journaliste sont ainsi mis en avant face à des agrégateurs stériles de flux de données.

Comme le rappelle Caroline Goulard de Dataveyes, "le rôle du journaliste est de qualifier l'information. Et les journaux sont de puissantes bases de données exploitables, qui s'ignorent".


Exemples de projets de datavizs permettant de qualifier sémantiquement les données. On y retrouve le site de la ville de Rennes dont nous avons déjà parlé sur ce blog, mais aussi le module développé pour Google permettant de mieux connaître son quartier, et la page de résultats des élections du journal Les échos :

3) Le modèle économique

A cette approche du dataviz, que l'on devine à présent incontournable, il y a aussi le modèle économique. Les groupes de presse s'interrogent sur l'offre. Comment vendre le contenu ? Doit-on se plier au découpage imposé par Apple à 79cts l'article ? Ca ne marche pas car c'est presque le prix du quotidien dans son intégralité.

L'offre par abonnement, au mois, à l'année, peut répondre ponctuellement, mais ne suffit pas à la plupart des usages. Beaucoup de lecteurs, grâce à l'émergence de systèmes de recherche dynamiques qui remontent les articles par thèmes, tout canard et toutes époques confondues, cherchent à picorer, comme on le fait finalement sur le Web. Il faut trouver une offre qui permette de continuer à picorer, mais légalement, en payant par article, par vidéo, par thématique, en ciblant par besoin. Hors de question de proposer un achat à l'acte, bien trop rédhibitoire d'un point de vue psychologique et onéreux en terme de déploiement (jusqu'à 50% de rétrocommission perçus par les TPE !). C'est ainsi que des solutions de bitcoins ou d'abonnements à des systèmes de crédits à points ont été évoqués. L'utilisateur acquiert un forfait de points valable pour un certain nombre de titres. Puis, à chaque log, il déduit de son compte les articles qu'il consomme, au coup par coup, à quelques centimes l'article au lieu des 1 euro quasiment imposés par Apple. C'est un modèle inspiré du jeu vidéo. Lorsque les jeux vidéos des années 2000 vivaient en effet sur la vente de produits finis à plus de 50€ pièce, ils sont passés progressivement à une offre d'accès à un premier niveau gratuit dans laquelle on pouvait picorer pour ajouter une vie, un bonus, une formule magique, etc. Les bénéfices ont été décuplés en peu de temps contre l'attente des éditeurs en place. C'est devenu le modèle actuel.

Conclusion

En conclusion, les publications statiques incluant des pages fixes, exportées dans un format compilé et figé, apparaissent bien désuètes au regard des possibilités connectées, animées, graphiques, sémantiques, que permettent de déployer à ce jour l'ensemble des solutions françaises existantes. Ainsi, on peut s'interroger sur la pérénnité des publications digitales statiques dans les formats proposés par Aquafadas, Adobe DPS, Twixl, Studio pro, Origami... un peu à l'image des sites HTML de première génération, également statiques, pour lesquels chaque mise à jour devait impliquer un redéploiement complet du dispositif.

Les solutions dynamiques et connectées restent cela dit encore peu accessibles aux éditeurs modestes du fait du coût exorbitant de leur déploiement. Les publications statiques pour les éditeurs modestes demeure donc pour encore la solution incontournable. Mais il est clair que l'avenir de la presse s'oriente vers du contenu vivant, animé et interconnecté, éditable en XML/HTML5, sur nos tablettes, tout comme a évolué le Web vers la fin des années 90, le professionnalisme éditorial et la culture du signe, en plus.

Dans le secteur de la presse, les solutions actuelles permettent donc de combler un vide, en attendant mieux. Gageons que les éditeurs de solutions prendront bien en compte ces questionnement des grands opérateurs afin de faciliter l'implémentation de datavizs au sein des magazines et des quotidiens à des offres plus accessibles. Y compris pour les secteurs autres que la presse.

En attendant de telles nouveautés, rappelons que Adobe et Aquafadas proposent, sur mesure et sur devis (supérieurs à 15 000€), des dispositifs de flux connectés.

A bien moindre coût, il reste également possible de déployer des animations interactives connectées, en Javascript/HTML5 à partir de Edge Animate au sein d'une publication digitale, quelle qu'en soit le format et quelle que soit la solution utilisée pour la déployer. Swipe & Swipe peut d'ailleurs vous accompagner dans ce type de création personnalisée ou vous former.

samedi 6 septembre 2014

Comprendre le digital publishing



C'est la rentrée. Un point sur les technologies s'impose, surtout à l'annonce de grandes évolutions à paraître dans les tous prochains jours en terme de workflow dans la création numérique.

Qu'est-ce que le digital publishing ? C'est tout ce qui est publié au format numérique et à destination des écrans numériques, qu'ils soient tactiles ou non. Ainsi, on inclut les tablettes, les smartphones, les phabelettes (agendas tactiles de taille intermédiaire, parfois avec stylets, entre smartphones et tablettes), les ordinateurs fixes et mobiles, les bornes interactives, les consoles de jeu, les télés connectées. La plupart du temps, nous simplifions l'approche en nous concentrant sur les tablettes tactiles, identifiées comme le hub en devenir de tout contenu publié avec un angle éditorial qualitatif.

Mais, dans cette jungle technologique, on distingue plusieurs formats. Et tous peuvent quasiment être générés depuis votre logiciel favoris de composition : Indesign. Alors, quel format est utilisé et pour quoi faire ? Là est la vraie question. Voici un schéma pour vous aider à comprendre.
Dans ce schéma, on remarque tout d'abord que InDesign permet en effet d'exporter dans les principaux formats numériques : PDF, package Zip et SWF. On oubliera le SWF qui se marginalise du fait de l'absence du player sur les nouveaux périphériques. Le PDF reste le must pour l'impression (avec une calibration CMJN) et le transfert de fichiers entre postes numériques (avec une calibration RVB) mais souffre d'un aspect peu immersif, peu interactif et facilement piratable. Il nous reste donc l'export packagé (entendre un zip) qui permet de déployer votre mise en forme vers tous les autres systèmes de publication, les stores, les sites Web, les liseuses, en mode plus immersif et sécurisé.

Chez Adobe, l'export d'un package compressé prend le nom de folio. C'est un zip, ni plus ni moins. Chez Aquafadas, plugin pour InDesign, ce fichier porte le nom de zave. C'est également un zip, ni plus ni moins. Le principe étant, non pas de pouvoir générer ce zip, que vous pourriez avec beaucoup d'assiduité générer manuellement au fond. Mais bien de savoir comment le lire, le protéger, le distribuer et le monétiser. C'est le rôle des solutions propriétaires, DPS et Aquafadas, entre autres, à destination des stores natifs ou pour les liseuses. Ainsi, votre solution prendra à sa charge la compilation d'une application embarquant les librairies de codes natifs ou HTML5, capables d'interpréter ce zip qui ne rassemble finalement que les données à l'état brut. Et vous payerez pour disposer de ces moteurs codés en C ou en HTML via Webkit au lieu de les coder par vous-même. Vous noterez que l'export HTML induit le recours (transparent) à un moteur de navigateur pour convertir les données HTML en C, ce qui se révèle très gourmand en terme de ressources et limite par conséquent les effets et les animations dans vos parutions, bien que cela rende le workflow plus simple puisque tout le Web est déjà en HTML. Donc, soit vous publiez en natif (en C) pour de meilleurs résultats mais à travers une gestion plus complexe de la distribution, soit en HTML5, c'est plus simple, mais au prix de moindres performances.

Les stores natifs rassemblent donc les applications codées en langages dérivés de C, ce qui leur confèrent une grande robustesse, de grandes performances, un bon niveau de sécurisation, et l'accès à tous les services embarqués dans les stores et sur vos périphériques (achats intégrés et sécurisés, par abonnement ou à l'acte, accès matériel aux périphériques, non limite de la mémoire...).

Les liseuses ne sont ni plus ni moins que des applications natives qui délèguent l'interprétation des contenus à un moteur externe, généralement un Webkit, comprendre le navigateur embarqué par défaut sur votre périphérique. Une liseuse fonctionne donc comme un navigateur Web. Ainsi, un contenu composé pour le Web risque fort d'être compatible avec une liseuse, à quelques ajustements près. Cela permet de monter plus facilement des contenus à l'aide de langages simples, comme le HTML, ou à partir de routines déjà en place sur le Web, en PHP. Mais au prix de moindres performances à l'affichage et d'animations moins fluides. Les capacités intrinsèques des périphériques tendent cela dit à augmenter avec le temps (loi de Moore) et nous invitent donc à apprécier de plus en plus ces possibilités. Dans les langages simplifiés lus par les liseuses, il y a le XHTML (mise en page Web plate, sans animation) et le HTML5 (mise en page avec des animations et de l'interactivité). Le XHTML donne naissance au standard ePub2. Le HTML5 donne naissance au standard ePub3. Des librairies supplémentaires de comportements Javascript associées aux possibilités graphiques du HTML5 donnent naissance au nouveau standard EDUePub amélioré pour l'éducation (anotations, quizz, zooms, partage, stockage, archivage). Le succès du standard ePub reste assez mitigé pour le moment du fait des limites de ce format et des premières liseuses pas très véloces. Mais l'avènement de ces tout nouveaux standards, de performances accrues,  et de nouveaux modèles économiques de publication numérique à venir, devraient changer la donne.

Ainsi, on distingue globalement trois grands axes de publication numérique.
  • Un axe gratuit pour obtenir des fichiers utilisables par tous, sur ordinateurs (PDF, SWF).
  • Un axe simplifié qui valorise surtout l'expérience textuelle (ePub/HTML) plus favorable à l'édition traditionnelle de livres, de quotidiens, d'hebdomadaires.
  • Et enfin un axe avancé, natif, plus complexe mais offrant plus de possibilités techniques et immersives, pour des projets de communication et des applications de service codés en C.
Vous choisirez la solution technique en fonction de la nature de votre projet. Chaque format, ePub, natif en C ou autre, ne se révèle pas toujours le plus en phase avec les besoins du projet, même si ce dernier apparaît initialement comme un projet éditorial ou une présentation interactive avancée. Ainsi, il est courant de voir des périodiques (magazines de presse) adopter le format natif afin de permettre le déploiement d'animations et d'enrichissements avancés et de voir transposés ces mêmes parutions au format HTML, PDF ou Flash pour les rendre disponibles facilement aux lecteurs qui ne disposent pas de périphériques tactiles.

A suivre.

mercredi 3 septembre 2014

Vers un abandon du format Air ?

Adobe délaisse progressivement Air !

Air est un format de compilation qui permet de rendre disponible un contenu structuré (xml, html, mxml) dans un format de fichier unique, interprété par plusieurs plateformes (iOS, Android, player Flash) à travers un player unique codé, lui, en natif. Avantage : un workflow simplifié et unifié. Inconvénient : une perte significative des performances d'affichage du fait du recours à un interpréteur intermédiaire.

Si le format Air a un certain temps permis d'exister sur tous les OS à moindre frais, et le permet encore, avec l'essor des solutions digitales natives associées à InDesign (DPS), l'intérêt de Air se marginalise de plus en plus, tout comme s'est marginalisé aussi le format Flash SWF. Adobe adapte donc progressivement sa feuille de route.

C'est dans la page d'aide de déploiement d'applications Adobe DPS, que l'on apprend que Adobe DPS va arrêter l'export au format Air, dès décembre 2014. Adobe va privilégier désormais les formats natifs bien plus qualitatifs et fluides à partir de la solution DPS.


http://helpx.adobe.com/fr/digital-publishing-suite/help/create-custom-viewer-app-android.html

Adobe recommande à ce titre de ne plus utiliser l'export Air (dit hérité, par opposition au format natif) et à ceux qui utilisait jusqu'ici Air, de préparer progressivement leur migration vers du vrai natif. Cette notification vise avant tout les utilisateurs de la solution digitale DPS, mais elle confirme indirectement la vétusté en devenir du format Air pour les autres utilisateurs.

Rappelons peut-être que si Adobe favorise ainsi le natif, c'est sans doute aussi pour se distinguer des expériences HTML5 encore un peu limitées à cause des piètres performances embarquées des tablettes d'entrée de gamme, cibles de DPS, qui offre une audience désormais on ne peut plus étendue à chacun de vos projets.