dimanche 27 juillet 2014

Le digital par Michel Serres et Bernard Stiegler


Voici un entretien philosophique sur la révolution numérique, donné par philosophies.tv et Philosophie magazine. Il traite de la révolution numérique et soulève la grande question de nos modèles universitaires, de savoir, de transmission, mais aussi de l'éclatement actuel des réseaux traditionnels que sont la presse, le pouvoir, le commerce, les sciences, entre autres. Et c'est le non moins fameux Michel Serres qui y est invité entouré de Bernard Stiegler, philosophe spécialiste des questions de médias, ayant accessoirement vécu la prison et le prolétariat.


J'ai souhaité vous faire partager cette conversation car elle soulève à juste titre le point charnière pour lequel les outils numériques que nous traitons au quotidien sur ce blog amorcent peut-être un début de réponse. C'est celui d'un modèle global où chaque acteur donne et reçoit, sans plus qu'aucune autocratie impérialiste ni de décision arbitraire venue d'en haut ne puisse subsister. La fin du règne par le haut s'ouvre sur l'échange communautaire de bon procédé. C'est la génération 'Y', la génération des wyers. C'est un nouveau monde où ceux qui pensent diriger ou disposer d'un quelconque pouvoir inaliénable n'ont qu'à bien se tenir. Ici, on ne dirige plus, on influe, éventuellement.

En quoi le numérique offrirait de nouveaux modèles de société ? En quoi ces modèles seraient-ils si différents ? Quels sont-ils ? Les connaissons-nous ? Oui. Nous les connaissons. Et même, ils existent. Vous les connaissez mais les avez-vous identifiés comme étant les nouveaux modèles de société qui vont bientôt régir la cité comme les lumières ont autrefois éclairé les élites tout juste sortis de l'ère féodale ?

Le commerce
Plus concrètement, un service de commerce comme eBay en est un brillant exemple. Ce site est peu accueillant, je vous l'accorde, mais il entre pîle de la génération wyers. Il repose sur ce nouveau modèle dont parlent très précisément les deux philosophes sans qu'ils n'aient encore su nommer ce modèle que j'appellerai volontiers "participatif". Il se nourrit en effet de ce que nous lui apportons tous. Il n'existerait pas sans ses contributeurs. Et ce sont ses contributeurs qui en font la toute puissance et la richesse, incroyablement plus immense que la somme des articles disponibles dans le plus grand des supermarchés physiques géré par un petit caporal de l'ancienne économie. Il n'y a pas un seul et unique commerçant qui pousse son stocke personnel dans eBay, mais bien tout ceux qui veulent y vendre et acheter. La force de ce service est donc cette connexion permanente entre tous, qui fait certes perdre une vitrine, mais qui ouvre de multiples fenêtres vers les greniers infinis de tout un chacun. Et économiquement, c'est abyssal. Il n'y a pour ainsi dire pas de stocke limite. Il n'y a pas de quantité limite de vente. Il n'y a pas de marge limite. Et c'est l'horizontalité du dispositif qui autorise cette transcendance.

L'alimentation
Un cultivateur ou éleveur qui prend soin de son produit peut, grâce au numérique, se faire connaître, quand seuls les grands industriels ont ce pouvoir dans le circuit ancien. De même, le numérique permet d'optimiser la distribution en traitant directement du producteur au consommateur. Finis les intermédiaires et les centrales d'achat défiscalisées dans les îles. Finis l'opacité sur la matière transformée. Finis le bilan carbone élevé par des transformation de produits effectués sur un autre continent. L'économie transversale permet de revenir à un circuit court, au grand dame des gros industriels, mais tout en obligeant le producteur et le consommateur à une vigilance mutuelle, là où au Moyen-âge, chacun n'avait guère le choix de vendre ou acheter à un autre interlocuteur.

L'université
Autre exemple participatif s'opposant aux modèles de sociétés empiriques qui s'éteignent chaque jour sous nos yeux. Un débat entre experts, partagé par une audience avertie et participative, n'est-il pas plus efficient que l'enseignement magistral d'une seule matière par une seule et unique personne ? Voilà un nouveau modèle universitaire. S'enrichir mutuellement de nos expériences multiples plutôt que d'imposer un point de vue limité à une classe qui n'a pas le droit de répondre.

L'urbanisme
Autre idée. Combien de fois ne prenons-nous pas la route et rencontrons des bouchons dans un sens, et observons que la voie opposée, à contre sens, est parfaitement fluide. De même, les ruelles adjacentes des autoroutes sont-elles peut-être aussi fluides ? Les systèmes d'aide à la navigation, contributifs, permettent aujourd'hui de connaître le meilleur itinéraire. Mais ce n'est pas tout ! Si les routes, elles-mêmes, disposaient de tracés électroniques et non peints, ils pourraient évoluer en temps réel et modifier le débit ascendant ou descendant de la circulation en fonction des besoins. Ce dispositif existe déjà sur l'île de La Réunion par exemple. Le covoiturage, la tarification des transports selon les heures d'affluence, l'intégration du velib et de l'autolib dans un programme de transport. Tout cela est participatif.

La politique
Il y a des myriades de nouveaux modèles inspirés par la révolution numérique. En voici un dernier. Un régime de gouvernement agissant mécaniquement de l'avis de tous, en temps réel, en lieu et place d'une assemblée nationale, et validée par un Sénat, saurait répondre sans tabou et sans manoeuvre à des demandes vernaculaires des concitoyens. Autre proposition complémentaire et dans l'air du temps, une assemblée constituante populaire et tirée au hasard sur un échantillon représentatif. Voilà le nouveau politique. C'est-à-dire, le politique sans l'idéologie.

La presse
La presse papier et numérique, en soit, ne séduit plus les lecteurs submergés par tant d'informations gratuites via les réseaux. Mais pas que. Il y a aussi que l'information traitée par les organes traditionnels n'abordent pas en profondeur les sujets qui intéressent. Or, si chaque média prenait conscience de sa force en tant que composante intrinsèque d'une diffusion globale, elle serait bien mieux valorisée. Ainsi, au lieu de laisser un quotidien diffuser une information de manière uniforme et traitée de la même façon qu'un autre, pour tous les lecteurs, quels qu'en soient les profils, l'analyse des usages possible grâce au numérique permet d'adapter, grâce à l'impression numérique, le contenu imprimé pour chaque lecteur en fonction de ses attentes et de proposer un contenu pertinent pour chacun. Cela coûte beaucoup plus cher, certes, mais n'oublions pas que le prix de vente d'une publicité ciblée est également plus élevée et absorbe de fait le surcoût d'impression et de personnalisation du journal et dégagera même bien plus de bénéfices qu'auparavant, permettant de nourrir et de qualifier plus encore l'information. C'est un jeu où tout le monde gagne. Le big data, l'écriture transmédia, ne pas dénigrer la force du numérique, la voilà la nouvelle écriture.

Ce modèle global et participatif, tout secteur confondu, est en train de s'émanciper alors que les élites s'accrochent encore à leurs trônes. Je n'ai pas la hauteur de vue des deux philosophes ni leur connaissance, mais je peux au moins témoigner de mon expérience des nouveaux médias en ces exemples que je viens de décrire.

C'était ma participation à ce débat. Et je vous la partage à mon tour. Vive le participatif !

Arzhur 

vendredi 25 juillet 2014

Le faible profit des applications mobiles

Selon une étude du cabinet Devloper Economics dont on peut retrouver un extrait français à l'adresse suivante, les applications mobiles ne génèrent pas de revenus substantiels à l'exception de quelques jeux populaires :

http://frenchweb.fr/les-jeux...

Dans cette étude, on apprend que :
- 24% des applications ne génèrent aucun revenus.
- 23% dégagent entre 1 et 100$/mois.
- 19% entre 1000 et 10000$/mois.
- 12% au-delà.

La qualité des revenus est légèrement plus faible sous Android que sous iOS. Mais contre toute attente, les applications qui ont profité ont prioritairement misé leur développement sur Android (42%), iOS (32%), Windows Phone (10%), BlackBerry (3%), avec un total de 40% du volume des téléchargement et de 80% de revenus générés pour l'ensemble des applications mobiles.

Alors que beaucoup investissent lourdement sur des développements mobiles, il est prudent de bien définir ses objectifs et ne pas surévaluer les retours sur investissements qui n'existent pas directement en tant qu'achat direct de services. Les applications doivent proposer des contenus gratuitement pour être vues, et sporadiquement offrir un accès à des enrichissements, au compte goutte, au paiement, par abonnement, peu importe. Une fois de plus, c'est probablement dans la visibilité et la qualité de votre audience que vous trouverez le véritable modèle économique, davantage que sur l'idée que vous allez vendre, surtout dans un contexte économique où l'on réfléchit à deux fois avant de sortir un centime d'euro.
Nasdaq

A cela, on peut rappeler que lors des années 2000, la bulle de l'Internet a éclaté justement parce que beaucoup avaient surestimé les retours sur investissement des nouveaux médias. Et sans résultat significatif, le château de cartes, en quelques mois, s'est effondré. Le spectre d'une nouvelle bulle numérique reste réel comme le rappelle La Tribune dans cet autre article :

http://www.latribune.fr/entreprises...

Ces données viennent confirmer une fois de plus que si vous devez monter un projet vers le digital, et bien que le nombre d'équipement ne cesse de croître, c'est bien la visibilité de votre projet et la qualité de son audience qui prévaudront, bien loin devant leurs achats, à une ou deux distinctions très ciblées.

jeudi 24 juillet 2014

Aquafadas Viewer : prolonger la durée d'aperçu


Le dernier player d'Aquafadas, nommé Viewer (anciennement mykiosk) affiche désormais vos parutions tests avec un délai de disponibilité limité à 15j, par défaut. Ce qui se révèle bien pénible lorsque vous voulez gardez simplement une trace de vos tests techniques en vue de démonstrations en clientèle. Comment modifier la durée initialement limitée à 15j ?

Il est possible de prolonger un peu ce délai. Pour cela, vous devez activer l'enregistrement de votre tablette, comme suit :
  • Cliquez sur le bouton de réglages, situé en haut et à gauche de l'interface du Viewer (l'engrenage).
  • Puis, activez le bouton "Link" qui s'affiche, pour vous identifier à l'aide de vos codes de connexion de compte Aquafadas et enregistrer votre périphérique.
  • Une fois l'enregistrement validé, le délai de vos parutions actives est prolongé à 30j au lieu de 15.

L'iPad en chute libre !

Apple vient de publier les chiffres du dernier trimestre d'exploitation et annonce un bénéfice surtout ancré sur la vente de Macs mais avec une baisse de 9% de la vente d'iPads. Du jamais vu !

Dans le même temps, le site gamergen.com rapporte les derniers chiffres de vente de tablettes Android qui affichent une croissance insolante de +144% en 2013 !

La répartition des deux OS révèle que Apple ne domine clairement plus le marché avec seulement 48% des ventes en 2013, sans compter la baisse actuellement en vigueur qui révèlera sa chute certaine dès l'année prochaine.

La fragmentation des usages est réelle et les achats dans les stores, en berne. La logique de monétisation par la qualité des achats sur iOS n'est plus d'actualité et se voit progressivement remplacée par une autre approche commerciale, celle de la visibilité maximale, tous OS confondus, avec le concours et le mécénat des annonceurs pour financer le développement des oeuvres.

A bons entendeurs...

dimanche 13 juillet 2014

Sociétés, arts et big data


Voici un article qui résume assez bien l'enjeu des données connectées, que nous appelons communément le cloud, le big data, le dataminding, entre autres.

http://creative.arte.tv/fr/open-data

Comme en témoigne cet article, nos comportements sont enregistrés continuellement et donnent lieu à tout type d'exploitation. En dehors de la vision totalitariste et marchande, possibles, qui en découle, on y trouvera au moins des idées de ce que nous projette l'avenir, à court terme, en terme d'usage et de révolutions techniques et sociales.

jeudi 10 juillet 2014

La fausse taxe Amazon


Pour montrer son action de protection des éditeurs et imprimeurs français, le gouvernement vient de pondre une nouvelle loi, sublime. Détail :

Le gouvernement Valls souhaite irradier le géant Amazon et protéger nos entreprises locales... accrochez-vous, avec une taxe à 1 centime par colis !

En réalité, cette loi est tellement ridicule, que même le géant Amazon s'en fait une publicité que vous avez peut-être reçue par email. Voici la teneur de ce mailing. Et nous devrions croire que masquer cette incroyable défiscalisation des multinationales va aider nos petites et moyennes industries qui ne peuvent même pas se permettre d'investir dans les nouveaux usages ? On se fout du monde.

Mais nos élus ne sont pas à une calomnie près, puisque le précédent quinquennat avait déjà vu apparaître une taxe de quelques millions d'euros contre Google, pour les mêmes raisons, afin surtout de lui éviter d'avoir à régler quelques milliards de charges issus de ses revenus publicitaires hexagonaux.
Chère lectrice, Cher lecteur, 
Une nouvelle loi nous interdit de continuer à vous proposer la remise de 5%, ainsi que la livraison gratuite en France pour vos commandes de livres. Pourtant, vous êtes très nombreux à exprimer votre souhait d'avoir accès à l'offre la plus large possible, livrée rapidement où que vous habitiez, et au meilleur prix. 
Nous pensons que vous avez raison. 
C'est pourquoi nous avons décidé de maintenir la livraison gratuite pour les livres expédiés par Amazon pour tous les clients abonnés au programme Amazon Premium
Pour nos clients non abonnés au programme Amazon Premium, nous avons fixé les frais de livraison au minimum autorisé par la loi, soit à seulement 1 centime par commande contenant des livres et expédiée par Amazon. 
Mais surtout, nous travaillons tous les jours pour vous proposer : un large choix parmi 5 millions de titres français, neufs ou d'occasion, des dernières nouveautés aux livres rares ; 150 000 livres électroniques français téléchargeables en 60 secondes ; des avis clients et des recommandations personnalisées pour vous aider à choisir votre prochain ouvrage ; la livraison rapide, et gratuite avec Amazon Premium, partout en France métropolitaine (hors Corse) ; et des services innovants comme la livraison garantie le jour de la sortie pour les nouveautés ou le rachat de vos livres d'occasion. 
Merci de votre confiance et bonne lecture, 

L'équipe Livres d'Amazon.fr

mercredi 9 juillet 2014

Importer Edge Animate dans Wordpress

Edge Animate génère du HTML5, sous la forme de pages HTML certes, mais aussi sous la forme de dossier compressé d'extension .oam, prêt à être intégré dans tout autre logiciel de la suite Adobe, dans Wordpress, ou Drupal. En voici la procédure :
  1. Depuis l'interface de Edge Animate, faites Fichier > Paramètres de publication, et cochez l'option Package de déploiement Animate. Puis, clique sur Publier.
  2. Localisez ensuite, dans le répertoire Publish de votre projet, le fichier .oam ainsi généré. C'est lui que vous utiliserez dans l'administration de votre site Wordpress.
  3. Dans Wordpress, installez l'extension nommée Edge Suite. Puis, activez cette extension.
  4. Dans les options de cette extension, en bas à gauche du menu de l'interface Wordpress, sur Edge Suite, importez le fichier .oam et personnalisez les réglages d'importation. Spécifiez notament un shortcode afin de placer l'animation précisément au sein du bloc de votre choix, en suivant la procédure détaillée dans la vidéo ci-dessous.
Voici la vidéo Adobe TV permettant de visualiser en détail cette procédure.


mardi 8 juillet 2014

Statistiques : usages mobiles 2014


Comme chaque année, l'association MMF (Marketing Mobile France) via l'agence Mediamétrie analyse les usages en matière de mobilité. Voici le rapport dans lequel on constate une nette progression de l'usage des smartphones. On relève aussi que si le français achète moins que ses voisins anglosaxons et germaniques, sur son mobile, il hésite moins à partager du contenu et des images.

On regrettera l'absence de données relatives aux tablettes qui équipent pourtant près d'un foyer sur 3.


http://fr.slideshare.net/smobile/barometre-mobile-marketing-association-france-6me-dition-juin-2014?ref=http%3A%2F%2Fwww.servicesmobiles.fr%2Fservices_mobiles%2Fmobile_chiffres%2F

Merci à Valérie VG pour le rappel du lien ; )

Aquafadas : Next Gen Reader


Pour prolonger notre focus sur Aquafadas, et malgré la politique tarifaire soulevée dans le précédent post, il peut être important de signaler qu'un nouveau player très fluide sera disponible dès la fin de l'année dans lequel la gestion des transitions, des effets parallaxe, du glissement entre les pages des articles sera totalement repensée. C'est le Next Gen Player.

Ainsi, les pages pourront apparaître continues bien que séparées physiquement dans votre mise en forme. Et les transitions seront gérées non plus à l'aide de commandes swipe, mais à l'aide de glisser-déposer. Les actions seront également plus réactives avec un niveau de latence nul. Le player sera également disponible pour Android.

Pour tester déjà cette écriture, sans attendre la prochaine mise à jour, vous pouvez activer le simulateur Next Gen, au sein de vos parutions dans l'actuel Viewer. Voir les captures ci-après :




Attention toutefois, voici la liste des restrictions en devenir communiquées par Aquafadas :

Le Next Gen Reader gère la transition entre les pages d’une manière entièrement nouvelle. Voici une liste de conséquences qui en découlent :
  • Certains effets de transition de page ne seront plus supportés : effet page tournée, effet page tournée inversée, et flip. 
  • Le comportement “Aller à la page” est modifié : au lieu d’arrivée directement sur la page choisie, un effet de défilement très rapide montre les pages intermédiaires. 
  • Il n’est plus possible d’associer un son à une transition de page puisque la durée de transition de page est désormais gérée par l’utilisateur.
  • Le lancement d’une action lorsque l’on arrive sur une page se trouve modifié par la nouvelle liseuse.
  • La lecture automatique ne se déclenche que lorsque la page est complètement affichée à l’écran. Par exemple, si une vidéo est mise en arrière plan avec déclenchement automatique, elle ne se jouera que lorsque la page apparaîtra entièrement à l’écran et apparaîtra vide lors de la transition de page (puisque la vidéo ne se sera pas encore lancée). Pour éviter ce vide, il est important de mettre une image de substitution aux vidéos. Cette restriction s’applique également aux Web Views.
  • Le Next Gen Reader supporte également un sens de lecture de droite à gauche, notamment pour les publications japonaises.
  • Et Android ? La liseuse Android fonctionne déjà avec une navigation glissante entre les pages.

lundi 7 juillet 2014

Le modèle Aquafadas durera-t-il ?


Comme toute technologie, la question de la pérennité est légitime. Si je soulève cette question provocatrice en visant particulièrement Aquafadas aujourd'hui, que j'affectionne pourtant et continue de préférer parmi bien d'autres solutions, c'est surtout pour éclairer Aquafadas que leur orientation technique et économique actuelle s'éloigne progressivement des attentes de quelques utilisateurs, pas tous peut-être, mais un homme averti en vaut bien deux ! Et en cela, la question du choix d'une autre technologie pour produire des publications numériques peut progressivement se poser. Un petit rappel des faits m'apparaît essentiel.

En quoi l'offre d'Aquafadas ne répond plus aux attentes actuelles de quelques éditeurs ? En quoi, au contraire, apporte-t-elle incontestablement la meilleure réponse ? Rappel des points d'attention :
  1. Adobe exporte pour Windows mobile depuis janvier 2014. Pas Aquafadas.
  2. Adobe propose désormais une licence globale de 3660€HT/an à valoir pour un nombre de parutions illimitées vers tous les stores (Apple, Google, Windows, Amazon), par projet d'édition (par titre), là où Aquafadas continue de proposer une solution au compte goutte à 500€HT/an/store + 280€HT/an/parution* (dégressif*). Le calcul est vite fait pour un mensuel (près de 12000€/an pour Aquafadas, contre 3660€ pour Adobe), et encore plus pour un hebdo (près de 50000€ pour Aquafadas) ! Un tarif que l'on peut nuancer par la rétrocommission Adobe de 10cts/téléchargement au-delà de 5000 unités, et par une offre à 100€HT/parution pour Aquafadas si c'est du PDF (intérêt artistique ?), mais que l'on compensera inversement par le coût supplémentaire des enrichissements Premium Aquafadas et de l'hébergement à assurer par vos soins.
  3. Adobe a revu son modèle d'exportation ePub et autorise un niveau d'enrichissement équivalent à Aquafadas.
  4. Le viewer Aquafadas ne permet plus de partager des parutions au-delà d'une durée de 15j, ce qui interdit chaque utilisateur d'intégrer des démos types de fonctionnalités, un portfolio, ou des prototypes, au format Aquafadas. Pour présenter son travail, même si c'est de l'Aquafadas, le designer n'a d'autre choix que de se tourner vers DPS. Un comble !
  5. Aquafadas vient d'annoncer un rapprochement avec le plus gros imprimeur nippon. Une bonne idée si ce n'est que l'objectif est de centraliser la gestion de PDF réplicats d'un OS à l'autre, sans pluvalue spécifique. C'est pourtant le contraire qui est attendu sur les périphériques mobiles, par les utilisateurs et les annonceurs, c'est-à-dire une expérience qui justifie le déploiement sur ces nouvelles plateformes et valorise l'identité de marque !
  6. Aquafadas conserve toutefois un lot de fonctionnalités et d'enrichissements inégalés qui lui permettent de maintenir la pertinence de son offre pour des parutions ponctuelles, graphiques et animées (livres jeunesse, scolaires, bilans annuels).
Avec ces dernières évolutions, et pour ne relever que les observations grinçantes de mes stagiaires et partenaires de la presse francophone, il me paraît légitime de s'interroger sur le rôle de la solution Aquafadas dans le paysage crossmédia français, en devenir, à l'heure où l'on cherche à faire des économies. Aquafadas continue-t-il de répondre au mieux à tous les besoins ? Il semble que la solution, du fait de son positionnement de plus en plus en marge, l'amène progressivement à une utilisation ciblée et ponctuelle, comme le serait Origami, Twixl, Studio Pro, complémentaires uniquement d'autres solutions plus standardisées mais à licence globale plus accessible, telle que DPS.

Rappelons néanmoins qu'Aquafadas effectue régulièrement des mises à jour, chaque semestre. Gageons donc que les prochaines évolutions prendrons en compte les observations dont je témoigne ici, et qu'elles lui permettront de maintenir son attrait très grand particulièrement dans notre pays.

Dans le cas où vous envisageriez de migrer totalement vers d'autres solutions, notez que des outils tels que Edge Animate, compatibles DPS et Aquafadas (y compris en terme de liaisons de comportements interactifs), permettent de s'affranchir de l'une ou l'autre des solutions et donc favorise l'interopérabilité de votre projet d'édition, y compris en sens inverse (de Adobe vers Aquafadas). Le HTML5, qu'il soit piloté par Aquafadas ou DPS, reste du HTML5. A bons entendeurs.

samedi 5 juillet 2014

Flat design : la revanche du signe


Une tendance de fond ne vous a pas échappée, en terme de design, en ce milieu des années 10 : le flat design. Des formes simplistes, des couleurs unies, des tons plats, pas de fioritures. Mais un véritable univers qui accompagne l'architecture de l'information graphiquement et sémantiquement. Mais au-delà d'un effet de mode, que révèle exactement cette renaissance de la culture du signe ?


A chaque évolution technologique, ce sont bien souvent les techniciens, les codeurs, ceux qui maîtrisent la technologie, qui imposent leurs codes et leurs nomenclatures, avec bien souvent des résultats calamiteux. Le design de Youtube, Facebook, Amazon, eBay, le back office de Wordpress, en dit long sur la culture artistique inexistante chez les geeks de la sillicon valley, au début de ce millénaire. Aucune hiérarchie dans l'organisation de l'information, aucun code couleur, aucune forme spécifique à chaque type de contenu. Que des hyperliens soulignés en bleu, des filets pour seul élément sémantique. Bref, un design de merde, qui n'a pas empêché pourtant ces sites de fonctionner, parce qu'ils occupaient un terrain vide de fonctionnalités sans doute, dans un premier temps.

Après Apple avec ses terminaux mobiles, et Windows 8, c'est au tour de Google d'emboîter le pas grâce à sa nouvelle interface Google Materials. Pour imposer une valeur et du sens au regard des autres solutions, la culture du signe et de la forme vient à la rescousse des geeks de la sillicon valley. C'est qu'enfin, on prendrait conscience que le design sert une fonction essentielle dans les objets du quotidien, et ne fait pas seulement l'objet d'une décoration superflue.

Mais qu'est-ce que la culture du signe ? Il s'agit ni plus ni moins que de comprendre en quoi et comment une forme peut aider à clarifier l'utilisation d'un objet. On appelle cela aussi l'affordance, la capacité pour l'objet à révéler de lui-même la manière de l'utiliser. Et ces expertises du signe existent pourtant depuis plus d'un siècle (Itten, le Bauhaus, les rationnalistes).

Comment ce design a pu s'émanciper autrement que par la valeur qu'il apporte au regard des services concurrents ? La résolution des écrans est un facteur important qui a permis d'introduire de nouveaux codes visuels, plus softs, moins bling bling, plus proches du signe dans sa forme pure et essentielle, au pixel près.

A la question si ce design sera pérenne, je réponds que s'il remplit effectivement une fonction, oui, il durera. Mais il subira naturellement des variantes à mesure des tendances graphiques du marché. Disons que la fonction Design semble désormais intégrante dans tout produit innovent, elle peut bien entendu évoluer, mais il en est fini de ces sites 2.0 sans âme et sans identité, imbitables et stériles.

Nous avions déjà annoncé l'arrivée à terme de systèmes plus éditorialisés, sur ce blog, en 2011. Le flat design est partie intégrante de cette logique d'éditorialisation et de professionnalisation du Web.

De telles interfaces signées graphiquement peuvent aujourd'hui se monter assez simplement, pour le Web et le mobile, à l'aide des solutions Photoshop ou Illustrator, couplée à Edge Animate, en codant utile. En intégrant ces réalisations sous la forme d'une webview dans Adobe DPS ou Aquafadas, vous porrez recréer des enrichissements interactifs et graphiques gratuitement en corrélation avec le design de l'OS qui accueille votre projet d'application.

Exemples d'interfaces types utilisant le Flat design :







Lire aussi l'article suivant sur la perception du flat design dans les usages et les pièges à contourner :

jeudi 3 juillet 2014

Comparatif : Edge Animate/Flash Pro

Puisque la question semble toujours se poser, voici une interrogation récurrente que je rencontre lors de mes formations : Flash ou Edge ? Lequel et pour quoi faire ? Flash est-il fini ? Je reviens donc sur ces deux logiciels, Edge et Flash, pour vous aider à clarifier une fois de plus leur positionnement et évaluer la solution la plus adaptée à votre projet.

Edge Animate a vocation à produire des animations HTML5, compatibles avec les navigateurs ultérieurs à 2011, sur ordinateurs, smartphones et tablettes, ainsi qu'au travers d'applications natives puisque ces dernières sont capables d'absorber le HTML5. Les données Edge peuvent être structurées sémantiquement, c'est donc bon pour le référencement et l'accessibilité. Les animation y apparaissent très fluides, aussi bonnes que dans Flash autrefois. Mais Edge génère 210Ko de librairies JQuery et CSS3, ce qui rend difficile la création de bannières publicitaires limitées à 50Ko, sauf si elles sont localisées sur votre propre serveur, comme l'exigent les régies pubs.

Flash Pro permet encore d'exporter au format SWF et Air. Mais ces formats en désuétude sont progressivement remplacés par de nouveaux standards HTML5. Si donc il est raisonnable de ne plus exporter avec Flash en SWF, on peut en revanche tester les nouveaux formats que sont Canvas et WebGL, compatibles avec tous les OS dont iOS8 ! Et si on souhaite remplacer l'export Air, hybride, laborieux, on peut s'orienter vers Phonegap, désormais disponible au sein de la suite CC et compatible avec tous les stores. Mais quelle différence peut-on faire alors entre Canvas/WebGL et Edge ? Le HTML5 de Flash, par opposition à celui de Edge, n'est pas sémantique ni référençable (alors que ça pouvait l'être en SWF). Mais il permet de réaliser des animations plus graphiques (dessin-animé, jeu vidéo, effets 3D). C'est donc particulièrement adapté à de l'interface de jeu. De même, Flash Pro génère son lot de librairies Javascript et exclue la gestion de bannières sauf si elles sont hébergées sur votre serveur.

Ainsi, Edge convient à du Web, des infographies interactives, des publications digitales, du web document audiovisuel, du dataviz. Flash sera réservé, lui, au gaming. Et pour réaliser des bannières, il conviendra de les localiser sur votre serveur, quel que soit l'outil, ou de les coder manuellement à l'aide de librairies plus optimisées. Ce qui est tout-à-fait abordable. Dans le doute, prenez Edge car c'est le plus transversal. Vous ne le regretterez pas.

Si vous souhaitez être orienté vers une formation Edge, prise en charge par vos OPCA habituels, n'hésitez pas à me contacter.

mercredi 2 juillet 2014

Adobe CC 2014 : nouveau design


Le design de la suite creative 2014 a évolué. En très bien ; )

Puisque je n'ai pas manqué sur ce blog de soulever la lourdeur du design de la Creative Cloud CS6, je me dois de parler, aussi, de celui de la CC 2014 qui relève vraiment le niveau ! Bravo Adobe.

Les écrans de démarrage de chaque logiciel offrent en effet une création à part entière, piochée dans la nouveau réseau social de graphistes à la mode, de Adobe : Behance, en témoigne la signature qui apparaît sur chaque visuel. Les réalisations sont fines pour la plupart et rendent brillamment hommage aux graphistes que nous sommes, le tout agencé dans un cadre sobre qui ne dégueule pas sur votre OS et renforce l'unité de la suite. Adobe CC 2014, full 64 bytes, est donc un plaisir à lancer.

Il fallait le dire.