vendredi 10 octobre 2014

L’avenir du e-commerce, par venteprivee.com


C’est Ilan Benhaim, co-fondateur de vente-privee.com, le must de la vente en ligne, rien de moins, qui défend ce jour l'idée selon laquelle le commerce de proximité est l’avenir du commerce digital !

Mais en quoi le 100% Web, selon un pure digital player, est-il une illusion ? Quelle incidence cette projection peut-elle lever sur d’autres secteurs économiques ? Pourquoi tous les pure players se trompent-ils et entrent dans une bulle spéculative qui devrait bientôt seffondrer ? Arguments :

Pour resituer, rappelons que vente-privee.com, c’est 20 millions de visiteurs et 50 000 colis livrés par jour. La stratégie de VP est, entre autres, de refuser les modèles de campagnes payantes de Google en priorisant la fidélisation des acheteurs par des relances commerciales ciblées sous la forme de services et d’un accompagnement VIP. Pourquoi en effet payer 200 millions pour recevoir 100 millions de visiteurs avec seulement 1% de ROI (retour effectif sur investissement), impliquant une gestion de stock excédentaires un jour et à brader le lendemain, quand on peut soi-même, humainement, personnellement, et à un rythme normal, accompagner sa propre clientèle et la satisfaire ? Un acheteur satisfait est un relais gratuit ! Précise-t-il. Moralité, il faut tout miser pour rendre l’expérience de la vente la plus agréable possible, la plus luxueuse possible, la plus personnelle possible. Et VP s’engage à le faire bien mieux que dans certaines boutiques physiques qui déballent de la marchandise en vrac, non valorisée, avec presque du mépris, en ne tenant même pas compte du profil et des attentes de sa clientèle.

La gestion de l’accompagnement se fait ainsi à l’aide d’outils de marketing (Adobe Marketing Cloud) qui leur permet de cibler les profils et adapter leurs campagnes de mailing et d’affichage, sur tous les périphériques, sans avoir à en référer au service IT interne (service informatique). Même si cela double le coût de gestion (ticket d'entrée entre 50 000 et 100 000€), Ilan Benhaim certifie que le retour sur investissement est d’un rapport de 20 !

C’est ainsi que VP anticipe l’avenir du commerce en ligne, par l’idée que les données issues des services clouds et de l’analyse des profils des utilisateurs permettra de venir localiser de plus en plus les offres, en partenariat avec les boutiques physiques, qui sauront, elles aussi, répondre à la demande des consommateurs, grâce à cette gestion croisée des données numériques.

Ceux qui misent sur le tout Internet ou persistent dans l'absolu physique se plantent. C'est ceux qui lieront les deux qui gagneront la bataille.

VP projette qu’en 2016, le m-commerce (sur mobile) comptera pour 31 milliards de dollars, contre 327 milliards pour le e-commerce (Web) et 689 milliards dans les boutiques physiques. Les pays émergents en tête (Asie, Latinos), puis l'Europe et loin derrière, les USA. Amazon qui annonçait ne jamais vouloir créer de store physique est même en train de virer de cap et vient de comprendre l’enjeu de la proximité. Le co-fondateur de VP souligne en effet que "Ce ne sont pas des drônes de 15km d’autonomie et 500gr de capacité de charge, qui vont savoir poster des palettes entières de marchandise dans nos campagnes les plus recluses". Le M n’est donc pas l’avenir. C’est bien la vente in-store, mais qualifiée, qui prendra le devant, grâce aux datas. Mais seul un service numérique permettra aux consommateurs d'identifier leurs produits préférés dans les stores, sans avoir à les chercher ! C'est le principe du drive-to-store.

En complément de la démarche de Ilan Benhaim, il ne paraît pas improbable que le concept inverse se développe aussi. C'est-à-dire, le store-to-web. Kesako ? Il s'agit de développer quelques boutiques de rêve absolument incroyables, des vitrines luxueuses, mais dans lesquelles on n'achète pas. C'est juste du loisir, du fun. On teste. On partage. On twitte ! Mais surtout, on nourrit son profil digital lequel vous amènera à effectuer un achat ultérieur, plus tranquillement ou de commander la livraison dudit produit directement à votre domicile, sans avoir à passer à une caisse physique.

Pour corréler avec d’autres secteurs d’activité, rappelons qu’il y a une relation intéressante dans cette approche de VP qui fait aussi écho avec la crise que traverse actuellement la presse, l’éducation, la santé, entre autres. La gestion croisée des données est un modèle qui, avec la prudence qui s’impose dans la confidentialité et le respect de la vie privée, offrira peut-être la trame d’une économie nouvelle, à la fois connectée, partagée et ancrée dans le réel où l’un nourrit l’autre dans un flux perpétuel de bon sens au service des individus. Le numérique ne s’oppose pas au réel. Il le renforce si on fait un bon usage.

Lire aussi :

Jeremy Rifkin, société collaborative :
http://bloc-notes-arzhur.blogspot.fr/2014/09/jeremy-rifkin-la-societe-collaborative.html

Le digital, par M Serres et Bernard Striegger :
http://bloc-notes-arzhur.blogspot.fr/2014/07/le-digital-par-michel-serres-et-bernard.html



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