vendredi 19 septembre 2014

Démocratie et transmédia

L'Ecosse vient de perdre son indépendance à 55% suite au suffrage qui s'est déroulé hier. 45% des requêtes ne sont ainsi pas représentées, ni celles qui ont changé d'avis ou vont vouloir changer d'avis. C'est le propre de la démocratie. De représenter à un instant T une majorité M. Mais, voici l'ère du transmédia. Le transmédia peut offrir une nouvelle lecture à la représentativité des peuples. Détail.

Comme nous l'évoquions cet été dans un précédent article : Le digital par Michel Serres et Bernard Stiegler, le numérique peut changer la donne.
http://bloc-notes-arzhur.blogspot.fr/2014/07/le-digital-par-michel-serres-et-bernard.html

Plus en détail ici, à l'occasion d'un suffrage dont la tendance s'est curieusement retournée à la dernière minute et dont la valeur s'arrête à cet instant improbable, le destin des peuples apparaît scellé à un revirement in-extremis. Est-ce vraiment démocratique ? Qu'apporterait de plus juste une démocratie partagée, inspirée de l'univers hyperconnecté du transmédia ?

Le problème n'est pas d'ordre technique. Alors qu'il est possible de représenter l'avis des économistes, en temps réel, au centième de seconde, et d'adapter les actions économiques en fonction de ces avis, pourquoi ne pas le faire aussi avec les avis des peuples ? Ce moyen est déjà mis en oeuvre par la Bourse ! Pourquoi ne serait-il pas de même possible de représenter l'avis des peuples, en temps réel, au centième de seconde près et d'influer les actions des gouvernants en fonction de ces résultats, avec les contrôles qui évitent les déraillements, naturellement, mais avec une représentation un peu plus réaliste que celle qui sévit depuis quelques siècles et dessert en fin de compte chaque citoyen au profit d'intérêts des seuls élus et des économistes ? Lorsque l'argent a une influence à ce point effective au centième de seconde près, alors que le peuple a une représentativité relative, à la majorité seule, une fois par mandat... ! On peut s'interroger sur le rôle effectif de la démocratie. Ne sommes-nous sommes pas, par nature, du fait de cette prépondérance de l'économie, dans une plutocratie ? Factuellement, les peuples bénéficient d'une représentativité nulle.

Imaginerait-t-on en effet que les états interdisent aux marchés de s'exprimer, sauf par un suffrage orienté, une fois par mandat, à majorité absolue ? On s'en offusquerait. C'est pourtant le sort qui est donné à la population. La démocratie est par nature un leur.

Pour que l'avis de chaque individu soit vraiment respecté, et éviter les modèles sociétaux conflictuels (qui mènent ces mêmes peuples à se rebeller une fois le pied au mur, car en fin de compte mal représentés), la logique d'interaction et de représentativité propre au monde du transmédia, déjà expérimentée et effective pour la finance, mais existante également dans l'univers du jeu, des réseaux sociaux, de la publicité contextualisée, pourrait également servir les libertés de chaque citoyen du monde, en le représentant au moins autant que l'économie elle-même. La technique est disponible. Le peuple est en demande. C'est donc une simple question de choix d'un modèle de représentativité, de la part de ceux qui sont en place. Or, l est bien connu que les nouveaux modèles ne viennent jamais de ceux qui sont en place. Un choc de culture est amorcé.

A méditer.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire