samedi 5 juillet 2014

Flat design : la revanche du signe


Une tendance de fond ne vous a pas échappée, en terme de design, en ce milieu des années 10 : le flat design. Des formes simplistes, des couleurs unies, des tons plats, pas de fioritures. Mais un véritable univers qui accompagne l'architecture de l'information graphiquement et sémantiquement. Mais au-delà d'un effet de mode, que révèle exactement cette renaissance de la culture du signe ?


A chaque évolution technologique, ce sont bien souvent les techniciens, les codeurs, ceux qui maîtrisent la technologie, qui imposent leurs codes et leurs nomenclatures, avec bien souvent des résultats calamiteux. Le design de Youtube, Facebook, Amazon, eBay, le back office de Wordpress, en dit long sur la culture artistique inexistante chez les geeks de la sillicon valley, au début de ce millénaire. Aucune hiérarchie dans l'organisation de l'information, aucun code couleur, aucune forme spécifique à chaque type de contenu. Que des hyperliens soulignés en bleu, des filets pour seul élément sémantique. Bref, un design de merde, qui n'a pas empêché pourtant ces sites de fonctionner, parce qu'ils occupaient un terrain vide de fonctionnalités sans doute, dans un premier temps.

Après Apple avec ses terminaux mobiles, et Windows 8, c'est au tour de Google d'emboîter le pas grâce à sa nouvelle interface Google Materials. Pour imposer une valeur et du sens au regard des autres solutions, la culture du signe et de la forme vient à la rescousse des geeks de la sillicon valley. C'est qu'enfin, on prendrait conscience que le design sert une fonction essentielle dans les objets du quotidien, et ne fait pas seulement l'objet d'une décoration superflue.

Mais qu'est-ce que la culture du signe ? Il s'agit ni plus ni moins que de comprendre en quoi et comment une forme peut aider à clarifier l'utilisation d'un objet. On appelle cela aussi l'affordance, la capacité pour l'objet à révéler de lui-même la manière de l'utiliser. Et ces expertises du signe existent pourtant depuis plus d'un siècle (Itten, le Bauhaus, les rationnalistes).

Comment ce design a pu s'émanciper autrement que par la valeur qu'il apporte au regard des services concurrents ? La résolution des écrans est un facteur important qui a permis d'introduire de nouveaux codes visuels, plus softs, moins bling bling, plus proches du signe dans sa forme pure et essentielle, au pixel près.

A la question si ce design sera pérenne, je réponds que s'il remplit effectivement une fonction, oui, il durera. Mais il subira naturellement des variantes à mesure des tendances graphiques du marché. Disons que la fonction Design semble désormais intégrante dans tout produit innovent, elle peut bien entendu évoluer, mais il en est fini de ces sites 2.0 sans âme et sans identité, imbitables et stériles.

Nous avions déjà annoncé l'arrivée à terme de systèmes plus éditorialisés, sur ce blog, en 2011. Le flat design est partie intégrante de cette logique d'éditorialisation et de professionnalisation du Web.

De telles interfaces signées graphiquement peuvent aujourd'hui se monter assez simplement, pour le Web et le mobile, à l'aide des solutions Photoshop ou Illustrator, couplée à Edge Animate, en codant utile. En intégrant ces réalisations sous la forme d'une webview dans Adobe DPS ou Aquafadas, vous porrez recréer des enrichissements interactifs et graphiques gratuitement en corrélation avec le design de l'OS qui accueille votre projet d'application.

Exemples d'interfaces types utilisant le Flat design :







Lire aussi l'article suivant sur la perception du flat design dans les usages et les pièges à contourner :

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