lundi 7 juillet 2014

Le modèle Aquafadas durera-t-il ?


Comme toute technologie, la question de la pérennité est légitime. Si je soulève cette question provocatrice en visant particulièrement Aquafadas aujourd'hui, que j'affectionne pourtant et continue de préférer parmi bien d'autres solutions, c'est surtout pour éclairer Aquafadas que leur orientation technique et économique actuelle s'éloigne progressivement des attentes de quelques utilisateurs, pas tous peut-être, mais un homme averti en vaut bien deux ! Et en cela, la question du choix d'une autre technologie pour produire des publications numériques peut progressivement se poser. Un petit rappel des faits m'apparaît essentiel.

En quoi l'offre d'Aquafadas ne répond plus aux attentes actuelles de quelques éditeurs ? En quoi, au contraire, apporte-t-elle incontestablement la meilleure réponse ? Rappel des points d'attention :
  1. Adobe exporte pour Windows mobile depuis janvier 2014. Pas Aquafadas.
  2. Adobe propose désormais une licence globale de 3660€HT/an à valoir pour un nombre de parutions illimitées vers tous les stores (Apple, Google, Windows, Amazon), par projet d'édition (par titre), là où Aquafadas continue de proposer une solution au compte goutte à 500€HT/an/store + 280€HT/an/parution* (dégressif*). Le calcul est vite fait pour un mensuel (près de 12000€/an pour Aquafadas, contre 3660€ pour Adobe), et encore plus pour un hebdo (près de 50000€ pour Aquafadas) ! Un tarif que l'on peut nuancer par la rétrocommission Adobe de 10cts/téléchargement au-delà de 5000 unités, et par une offre à 100€HT/parution pour Aquafadas si c'est du PDF (intérêt artistique ?), mais que l'on compensera inversement par le coût supplémentaire des enrichissements Premium Aquafadas et de l'hébergement à assurer par vos soins.
  3. Adobe a revu son modèle d'exportation ePub et autorise un niveau d'enrichissement équivalent à Aquafadas.
  4. Le viewer Aquafadas ne permet plus de partager des parutions au-delà d'une durée de 15j, ce qui interdit chaque utilisateur d'intégrer des démos types de fonctionnalités, un portfolio, ou des prototypes, au format Aquafadas. Pour présenter son travail, même si c'est de l'Aquafadas, le designer n'a d'autre choix que de se tourner vers DPS. Un comble !
  5. Aquafadas vient d'annoncer un rapprochement avec le plus gros imprimeur nippon. Une bonne idée si ce n'est que l'objectif est de centraliser la gestion de PDF réplicats d'un OS à l'autre, sans pluvalue spécifique. C'est pourtant le contraire qui est attendu sur les périphériques mobiles, par les utilisateurs et les annonceurs, c'est-à-dire une expérience qui justifie le déploiement sur ces nouvelles plateformes et valorise l'identité de marque !
  6. Aquafadas conserve toutefois un lot de fonctionnalités et d'enrichissements inégalés qui lui permettent de maintenir la pertinence de son offre pour des parutions ponctuelles, graphiques et animées (livres jeunesse, scolaires, bilans annuels).
Avec ces dernières évolutions, et pour ne relever que les observations grinçantes de mes stagiaires et partenaires de la presse francophone, il me paraît légitime de s'interroger sur le rôle de la solution Aquafadas dans le paysage crossmédia français, en devenir, à l'heure où l'on cherche à faire des économies. Aquafadas continue-t-il de répondre au mieux à tous les besoins ? Il semble que la solution, du fait de son positionnement de plus en plus en marge, l'amène progressivement à une utilisation ciblée et ponctuelle, comme le serait Origami, Twixl, Studio Pro, complémentaires uniquement d'autres solutions plus standardisées mais à licence globale plus accessible, telle que DPS.

Rappelons néanmoins qu'Aquafadas effectue régulièrement des mises à jour, chaque semestre. Gageons donc que les prochaines évolutions prendrons en compte les observations dont je témoigne ici, et qu'elles lui permettront de maintenir son attrait très grand particulièrement dans notre pays.

Dans le cas où vous envisageriez de migrer totalement vers d'autres solutions, notez que des outils tels que Edge Animate, compatibles DPS et Aquafadas (y compris en terme de liaisons de comportements interactifs), permettent de s'affranchir de l'une ou l'autre des solutions et donc favorise l'interopérabilité de votre projet d'édition, y compris en sens inverse (de Adobe vers Aquafadas). Le HTML5, qu'il soit piloté par Aquafadas ou DPS, reste du HTML5. A bons entendeurs.

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