vendredi 18 avril 2014

EDUePub : standard pour l'éducation

A l'initiative des éditions Pearson (Marcus Gilling et Paul Befonty), un nouveau standard de l'édition numérique pour l'éducation voit le jour et sera présenté au public à partir du 18 mai 2014 à Oslo : le EDUePub.

Pourquoi un standard ePub spécifique pour l'éducation ?

Le DPI (Digital Publishing Institute) et le IDPF sont les nouveaux consortium du digital publishing. Suite à l'imposante force de marché sur les formats ePubs pour l'éducation, issus des labels privés américains que sont Apple (avec le standard IBA exclusif pour iOS), Adobe (avec son format EDUPub adossé à un ADRM anti hack qui ne plaît pas aux régulateur de l'accessibilité), et face à de nouveaux opérateurs privés financés par des levées de fonds supérieures à 40 millions de dollars annuels et ayant dans leur road map le développement d'un format universel d'ici la fin de l'année, les instances soutenues par le W3C tentent d'imposer un standard libre et ouvert... si possible rapidement, avant un certain traité trans-atlantique qui pourrait bien tout rafler, indemnités pénales à l'appui !

Croyons qu'au-delà de l'interopérabilité des formats, il en va aussi de notre souveraine propriété intellectuelle. Elles pourraient quitter littéralement notre territoire si aucune action ne voit rapidement le jour, peut-on en conclure des échanges qui ont eu lieu ce jour entre influenceurs du secteur, lors des conférences du CAP Digital, Paris XIIème.

Voici les spécifications qui vont être proposées dans ce nouveau standard de document pour l'éducation, basé sur un ePub 3 (donc sur du HTML5), mais pour lequel des couches spécifiques de structuration des données sont envisagées :

  • outils de sélection intelligents et contextualisés (Annotations)
  • meilleurs index
  • meilleurs dictionnaires
  • sémantique pour structurer les exercices
  • widgets de modification avancée des contenus, et méthode de mise en package des widgets.
  • découpage d’ePub à la volée
  • interoperabilité de l’ePub
  • A11Y ou accessibility
  • Metadata
  • ARIA
  • Liens vers LTI
  • Analyse des données
  • Discret entities
  • Persistance des données possible grâce à HTML5 qui permet de conserver des données en Javascript.
Il ne s'agit certes que d'une norme qui vise à inciter les éditeurs de logiciels et de liseuses à intégrer ce standard dans leurs solutions. Disons que si vous développez en HTML5, plus qu'en natif, vous avez peu de chances de vous tromper pour assurer la portabilité de vos solutions pour la suite. Il reste donc à trouver le moyen de créer des enrichissements aussi véloces en HTML5 qu'en natif (en C) pour rivaliser avec les applications natives. Et au vu de la croissance des performances graphiques des équipements, nous devrions bientôt voir de belles applications conçues en HTML5 natives, enfin !

Que restera-t-il alors aux applications natives ? Il est raisonnable de penser que l'accès aux stores avec paiement au clic suffira à les rendre plus enviables encore que du HTML5 isolé et accessible gratuitement dans un navigateur. On peut donc assurer que l'avenir du développement mobile repose sur des conteneurs natifs mais, aussi, couplées à des données structurées en HTML5. Elle est là la véritable interopérabilité!

Mais, ce standard EDUePub qui normalisera les ePubs pour l'éducation reposant sur de l'ePub 3, obligera aussi les éditeurs à structurer leurs documents pour les rendre néanmoins lisibles et compatibles avec des liseuses de simples ePubs 3. Les interactions et widgets HTML5 disponibles uniquement pour l'éducation ne devront ainsi, à en entendre les éditeurs, pas compromettre l'accessibilité de la parution si elle est affichée hors contexte "EDU".

Une fragmentation des formats qui vient donc s'ajouter aux fragmentations existantes et qui n'est sans doute pas prête de faire l'unanimité. Retenons simplement que produire en HTML5 reste plus que jamais viable à long terme. On le savait déjà. Mais cela est à présent confirmé.

A suivre...

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