dimanche 24 février 2013

Tablettes : la fin du web immersif


Les derniers chiffres de consommation des plateformes connectées (ici MédiaEtudiant reprend les chiffres de Mediamétrie) révèlent que les tablettes deviennent un canal plus immersif et plus important que l'Internet lui-même et profite aux oeuvres par définition plus immersives, aux marques et aux réseaux sociaux.

Voici quelques statistiques relevées par L'usine nouvelle, qui complèteront celles que nous avions déjà mentionnées dans nos précédents articles où il était question de la déferlante des tablettes pour 2015.

Avis à toutes les productions audiovisuelles, avis aux financeurs, avis aux producteurs, avis aux annonceurs, donc, la tablette est le lieu idéal pour favoriser l'immersion audiovisuelle partagée à travers les réseaux sociaux.

Storytelling et programmes TV


Le storytelling est la faculté de raconter une histoire et provoquer de l'émotion à travers un plan de communication ou de création. Cette hirstoire émane indirectement de la manière dont les créations sont mises en oeuvre à travers chacun des différents canaux de communication.

Ce dimanche, en consultant le programme TV en ligne du groupe Prisma (Télé loisirs), je remarque la surprenante histoire que nous raconte cette grille incroyable. On la croirait écrite, mais cela ressemble plus à un concours de circonstances ou à un véritable jeu de concurrence dans l'ombre des chaînes.

Ce dimanche, nous pouvons lire entre les lignes de cette grille de programme que TF1, c'est moche. Et France 2, c'est beau.

C'est ça le storytelling !

jeudi 21 février 2013

La fibre optique généralisée


Le président Hollande vient de lancer un programme de 20 milliards d'euros d'investissement pour généraliser la fibre optique sur tout le territoire d'ici à 20 ans, et prioritairement dans les zones retranchées. Il vient compléter le programme initial de Nicolas Sarkozy de 4,5 milliards d'euros et celui de la migration des connexions mobiles vers la 4G.

L'objectif du président est de permettre l'interconnectivité de tous les services, privés et d'état, afin de faciliter surtout la dématérialisation de ces derniers. L'objectif non anoncé est naturellement de réduire le coût du service public qui oblige à un présentiel sur tout le territoire. Ce dispositif devrait cela dit permettre d'accéder à de nouveaux services intelligents, en espérant qu'une panne de courant n'indisposera pas les usagers.

La fiscalité française aidant, pour une fois, la création de projets numériques innovants, de nouveaux services à la personne, tonitruants, devraient déferler dans la prochaine décennie.

Pour en savoir plus sur le programme du très haut débit généralisé, consultez l'article suivant :
http://www.capital.fr/a-la-une/actualites/le-tres-haut-debit-pour-tous-promis-d-ici-10-ans-en-france-813676#xtor=EPR-226

Klynt, compatible HTML5 et DPS


Klynt, le logiciel star de création de webdoc interactif initialement astreint au format Flash SWF, est disponible depuis ce mercredi avec l'export HTML5. Et mieux encore, il est compatible avec les solutions de publication digitale Adobe DPS et Aquafadas !

Il est possible en effet de réaliser désormais des environnements vidéo interactifs à partir de la solution Klynt, sans programmer, et de l'exporter pour le Web gratuitement ou dans une collection de vidéos monétisables et éditorialisées, via App store, Amazon et Google play, grâce à l'interopérabilité de cette solution (française) avec les fameux plugins pour tablettes.

Structurellement, le projet vidéo, mis en forme dans Klynt à partir de fichiers H264, est initialement conçu pour du Web standardisé HTML5. La page HTML intègre des librairies Javascript (JQuery, MediaQuery, MediaElement, TimeSheets) et CSS. Une version alternative gère les caprices de Firefox en proposant un fichier Flash SWF qui utilise le même fichier vidéo H264 (économie d'échelle intelligente qui ne gère qu'un flux vidéo par piste). Le cas échéant, et pour les anciennes versions de IE, le moteur propose aussi un export SilverLight. Si la page se trouve enfin encapsulée dans InDesign, à destination des tablettes, c'est le moteur Webkit qui interprètera le contenu. La mise en forme peut donc librement s'exécuter sur une tablette sans jamais appeler ni Flash ni Silverlight.

Ainsi, un projet de narration audiovisuel et interactif est désormais compatible HTML5, Flash et tablettes, sans programmer ! Le système nodal de gestion de l'interactivité de Klynt séduira tous les réfractaires au code à partir de 150€HT. Mais des accès aux librairies de code permettent si besoin d'y introduire ses propres développements dans la version Pro accessible à 500€HT.

La version 2.0 de Klynt offre donc de nouvelles fonctionnalités tout-à-fait pertinentes. Un petit géant vient de naître. Les autres n'ont plus qu'à bien se tenir !

Pour en savoir plus sur Klynt :
http://www.klynt.net/


dimanche 17 février 2013

Le court métrage est numérique


Le 35ème festival du court-métrage de Clermont-Ferrand vient de s'achever en annonçant une ère nouvelle pour la création audiovisuelle.

Cette année, pour la première fois depuis sa création, le festival du court métrage de Clermont-Ferrand a abandonné le format pellicule pour ne diffuser que des formats numériques, à l'heure peut-on le préciser, où un de ses fondateurs est également parti en retraite. Une page de l'histoire du cinéma argentique se tourne.

Le court métrage a traditionnellement fonctionné grâce au concours des régions, des télévisions mais aussi de marques comme Kodak qui n'ont jamais hésité à offrir du matériel et former les réalisateurs à la prise de vue. Il fallait le rappeler. Toute une époque qui laisse place désormais au numérique.

samedi 16 février 2013

La presse adopte le digital

Les groupes de presse migrent vers le digital en déclinant leurs titres désormais pour les tablettes tactiles.
  • Condé Nast, un groupe américain qui publie Vogue, AD, Glamour, GQ, a choisi la solution américaine Adobe DPS.
  • Prisma, un groupe français, qui publie Capital, Géo, Voici, Gala, Management, VSD, ça m'intéresse, National géographic, Télé loisirs, a choisi la solution française Aquafadas.

Ce que permettent les tablettes :
http://www.capital.fr/art-de-vivre/high-tech/comment-les-tablettes-vont-changer-notre-monde-804449

La fin du PC :
http://www.capital.fr/a-la-une/actualites/les-ventes-de-pc-s-effondrent-en-france-plombees-par-les-tablettes-812351#xtor=EPR-226

Ces récents articles du magazine Capital paru quelques jours après les articles que nous avons publiés ici à ce sujet (les tablettes, la fin du PC), témoignent de l'engouement des groupes de presse vers ce nouvel eldorado. Les équipements en tablettes devraient être bientôt comparables aux équipements en PC ! La tablette s'utilise partout où ne peut être utilisé le PC trop encombrant et peu confortable, ou le smartPhone trop petit et illisible, pour consulter du média. L'expérience de la publication enrichie, du point de vue des maquettistes, des rédacteurs, comme du point de vue du lecteur, ou encore de celui du concepteur de solution de publication digitale (Adobe, Aquafadas), devient de plus en plus manifeste.

Pour tout renseignement sur cette nouvelle révolution technologique qui permet de publier de l'interactivité sans programmer, n'hésitez pas à contacter les centres de formation agréés (donc gratuits si vous bénéficiez d'un DIF ou d'un Fongecif) où j'interviens désormais sur les stages de publication digitale : chez Pyramyd et Gobelins. C'est tout naturellement que je me rendrai disponible pour vous accompagner, à travers ces structures, dans votre stratégie de développement.


vendredi 15 février 2013

L'avenir de Flash est C++


Voici Epic citadel, un jeu compilé en C++ à partir d'un développement réalisé en ActionScript 3, grâce à la nouvelle suite pour Flash intitulée Adobe Gaming developer tools, dont nous avons déjà parlé sur ce blog.

http://www.unrealengine.com/flash/

Le rendu 3D calculé en temps réel est tout simplement incroyable de fluidité et de qualité, sans commune comparaison avec les avancées timides de HTML5 en la matière. On reconnaîtra que si HTML5 suffira bientôt pour des animations basiques et des sites éditoriaux, l'immersion 3D donne encore de belles perspectives aux développements de jeux en Flash, à condition toutefois de programmer en bas niveau. Mais à ce stade de la programmation, peu assisté et très très orienté objet, le niveau requis en développement est celui d'un bon programmeur en C. Si vous savez programmer en C, vous saurez donc tout aussi bien programmer directement dans les formats natifs des systèmes sans passer par Flash, certes, mais vous ne bénéficierez pas de l'environnement de développement unifié que propose cette technologie et qui permet, doit-on le rappeler, de programmer une fois pour toutes les plateformes.

En résumé, Flash est sans doute mort pour le Web traditionnel, malgré 1,3 milliards d'ordinateurs connectés équipés du player, puisque remplacé bientôt par Edge et sa suite prochainement incontournable (Creative CS6.5 devrait pointer son nez en mai 2013). Mais l'avenir du jeu et de la 3D remet cette technologie au goût du jour, en témoigne le site d'Epic Citadel et en témoignent aussi les autres jeux disponibles à l'adresse suivante :

http://gaming.adobe.com/showcase/

Exemples de jeux développés en Flash :

Spell Cubes, Megaplex Madness 2, Triple Town, Ruby Blast, International Racing Squirrels, FarmVille 2, SongPop, Super Hexagon, Ninja Turtle Tactics 3D, Monpla Smash, Wrestling Revolution, Stop Motion Zombie Lab, Hungry Age, Wonderputt, Stick Tennis, Botanicula, Angry Birds , Magnetix, Traffic Wonder, The Mirage, Machinarium, Rebuild, Old School Race, Spaced Away, Idle Worship, Winter on Whale Island, Stephanie the Frog, Starforce Delta, LEGO Star Wars III: The Clone Wars, Age of Defenders, Zombie Tycoon, Land of Me, Rivers of Olympus, Geometry Arena, La Carrera del Siglo , Chaos of Three Kingdoms, Game Changer Basketball, Qi-Xiong Hegemony, Tanki Online, Pocket Jewels, Tweet Hunt, Nissan Juke.

Avis aux gamers qui souhaitent développer du jeu, apprenez C et migrez sur la techno Flash.


mardi 12 février 2013

Statistiques : smartphones, tablettes et TV connectées


EN 2013, loin du lancement du premier iPad qui plafonnait à 0,37% de pénétration dans les foyers, le Journal du net (JDN) relève les dernières statistiques sur les nouveaux médias, rassemblées par l'agence ZenithOptimedia.

On y découvre que la France se positionne parmi les pays les mieux connectés, bien devant les USA et derrière la Norvège, et que le taux de pénétration des tablettes qui a déjà dépassé 15% en France en 2012 devrait atteindre les 45% en 2015 !

Les Pays-Bas et l'Irlande devraient également voir une montée en puissance importante dans les prochaines années du fait de la généralisation des réseaux optiques actuellement en cours dans ces deux pays.

La tablette n'est plus un accessoire marginal. Elle devient un outil incontournable que les régies publicitaires délaissent encore, mais plus pour longtemps. Les modèles économiques ne sont pas tout-à-fait définis. Tout reste encore à construire. Les prochaines années verront donc naître ces nouveaux modèles. Le business des tablettes devrait ainsi s'émanciper plus que celui des autres supports connectés astreints aux limitations techniques et ergonomiques du matériel (trop petit ou trop grand) et des navigateurs, entre autres. Rappelons que d'autres statistiques préalablement énoncées sur ce blog relèvent aussi que la tablette reste l'outil qui permet une immersion plus grande et plus longue que les autres supports connectés. L'attention y est moins dispersée. Les oeuvres chargées de sens et de grande qualité finiront par conséquent par s'y déployer.

Pour accéder au rapport de ZenithOptimedia, consultez l'URL suivante :

http://www.arzhurcaouissin.com/_partage/statistiques-zenithOptimedia.pdf

jeudi 7 février 2013

CMB, SG... le design révélateur


La banque CMB (Crédit Mutuel de Bretagne) lance la nouvelle version de son site Web et son slogan : La nouveauté, c'est la vie ! L'ancien, il est vrai, toujours actif en 2013, affichait une ergonomie et une architecture type des années 90. Mais, à l'heure de la révolution ergonomique inspirée par les nouvelles plateformes mobiles, la présentation de ce nouveau projet laisse perplexe. La nouveauté, si c'est la vie, c'est pas encore le CMB !

La nouvelle version du site utilise le principe du menu déroulant pour système principal de navigation. Système souvent contesté car il cache l'information. Cela présage une politique commerciale, sans doute.

Les entrées ne véhiculent aucune identité propre à la marque. On enlèverait le logo, on ne saurait pas reconnaître le produit. Le côté impersonnel du service est complètement révélé à travers cette plateforme. En cela, le projet reste cohérent, d'une certaine manière, en regard de la proximité absente entre les conseillers interchangeables du réseau et leur clientèle.

L'interface ne semble pas non plus répondre aux tendances en vigueur, désormais plus ancrée sur des libellés concis et accessibles au doigt (tactile) plus qu'au clic. Les libellés sont des textes seuls, heureusement sauvés par des couleurs d'arrière-plan plutôt que par des filets et des cadres... encore que, la zone centrale nous rappelle bien où nous sommes.

Pour couronner le tout, une brillante présentation vidéo réalisée grâce au logiciel After Effects, excellent logiciel de motion design, a été nécessaire pour aider les utilisateurs à comprendre la nouvelle ergonomie. Inutile de rappeler qu'un bon design ne requiert en principe aucune assistance ni que la bonne humeur et la douceur présente dans la vidéo demeure bien entendu totalement absente dudit service.

Une banque qui n'écoute pas les règles du design, les codes graphiques humains, en vigueur, ni qui ne fait honneur à la culture du signe, propre de l'homme, révèle la manière avec laquelle elle entreprend de ne pas écouter non plus sa clientèle, ni de servir l'intérêt de cette clientèle. Les taux rédhibitoires des prêts à la consommation à plus de 24% qu'elle applique contrairement à toute les règles d'usure, alors que ceux de prêts longs n’excèdent pas les 3% et ceux de la BCE ne dépassent pas 1%, témoignent de cette attitude. Si le nouveau site propose des actions nouvelles pour le CMB, son identité méprise littéralement l'utilisateur. Gageons qu'elle aura au moins fait travaillé un entrepreneur local.

Le style impersonnel et évacuant toute humanité n'est pas l'exclusivité du CMB. Le récent logo de la société générale (voir ci-dessous) rappelle, par l'absence intégrale de caractère et d'affectation sociétale, sa vocation égémonique et nihiliste. Un sens interdit pour l'humain. Signe des temps, sans doute.



Pour voir la belle vidéo qui annonce le projet :

https://api.dmcloud.net/player/embed/50728a6e94a6f637400006f4/50bdc70d06361d0daf01a728?auth=1669975843-0-56i6g11d-7b03101bc86cc5976eb77248a6e5ba66

Les tablettes devant les PC


Il se vend désormais plus de tablettes que de PC, en France. Quand 5 millions de tablettes se vendent, 4 millions de PC seulement sont achetés (source RTL). Ces chiffres sont cependant controversés par Gfk qui équilibre un peu plus la balance.

Même à égalité des ventes, les difficultés de DELL et HP, spécialistes du PC qui n'ont pas franchi le cap de la tablette, subissent des pertes conséquentes. DELL, par exemple, est sorti de sa cotation boursière et devrait être racheté par son créateur.

Cela témoigne en tous cas de l'engouement maintenant confirmé des utilisateurs pour les tablettes. Mais les connexions effectuées depuis celles-ci, et leur temps d'utilisation, demeurent encore secondaires par rapport aux ordinateurs classiques. La tablette devient donc bien un accessoire incontournable, mais complémentaire seulement des autres supports. Elle ne les remplacent pas.

Il reste, dans une logique de communication ou de création, à cerner ce qui distingue réellement les plateformes (ordinateur fixe, ordinateur portable, smartphone, tablette, console de jeu, TV) au demeurant assez proches techniquement. Ce qui change, c'est son contexte d'utilisation. La tablette va là où l'ordinateur ne peut entrer et où un smartphone n'est pas suffisant : le canapé, la chambre, le lit, la cuisine, les commodités, une salle de sport, les longs voyages, les présentations commerciales.

mardi 5 février 2013

The voice utilise le transmédia


L'émission de radio-crochet The voice, sur TF1, utilise le principe de l'écriture transmédia pour faire le buzz et ramener du public sur la chaîne afin de constituer une audience. Une leçon très intéressante.

Dans l'émission du samedi 2 février 2013, une interprète se nomme Shadoh. Le jury souligne l'originalité du prénom en tentant de le traduire. Mais aucun ne parvient à le faire convenablement alors que tous les spectateurs savent bien que "Shadow", s'il s'écrivait ainsi, signifierait "Ombre". On entend Louis Bertignac et Florent Pagny traduire d'abord "shadow" par "arc-en-ciel" puis, non, Jenyfer reprend et indique que "shadow" signifie "fenêtre" ! C'est alors que Florent Pagny rappelle que "fenêtre", c'est "window". Jusqu'à ce que tout le monde s'accorde pour le mot "ombre" qui ne convient de toutes façons pas, vu que l'orthographe du joli prénom diffère et se révèle tout simplement être un prénom africain.

Bref, un cafouillage bien écrit. Je n'ose imaginer un seul instant que des interprètes internationaux n'aient pas su traduire ce mot. Il en résulte un épisode mémorable, qui comme par hasard, intervient le premier soir de cette série de shows télévisés grandement sponsorisée. Le lundi suivant, la scène passe au zapping. Le lendemain, elle fait le tour de l'internet. La vidéo, curieusement, n'est pas diffusée sur Youtube ou ailleurs, mais bien présentée par... le site officiel !

http://www.wat.tv/video/shadoh-interprete-roxanne-police-5khpb_4cw81_.html#showExport

Si l'erreur avait réellement eu lieu, il est probable qu'elle n'eut pas été conservée sur ce site au montage. Il s'agit donc très probablement d'un événement mis en scène pour constituer une audience.

Voilà comment on peut simplement, et à moindre coût, créer un événement qui permet à tout le monde se savoir l'information la plus importante qui soit pour le producteur :

The voice vient de redémarrer sur TF1, si vous voulez suivre l'émission, c'est maintenant !

CQFD

samedi 2 février 2013

Accord Google-éditeurs


Google vient de signer un accord avec les éditeurs français de la presse, visant à mieux accompagner ces derniers vers la convergence numérique.

Les éditeurs en effet accusaient Google de générer quelques milliards d'euros annuels de chiffre d'affaire sur des contenus propres aux groupes de presse, sans leur en reverser le moindre centime. Mais à l'inverse, Google estimait que le référencement de ces sites d'information était une plus grande compensation qui devait aussi peser dans la balance. Un dialogue de sourds donc qui s'est achevé hier par un accord soutenu par le président Hollande et le CEO de Google Eric Schmidt, dans lequel Google, pour la première fois, reversera 60 millions d'euros d'indemnité à la presse française.

Ce budget sera distribué uniquement aux groupes de presse qui investissent dans l'édition numérique. Il vise à les accompagner dans la mutation de leur activité. Google consent également à offrir un accès attractif à ces éditeurs sur ses outils (Système Android, Google docs, Google Analytics...). Une manière délicate, en passant, de s'imposer un peu plus et mettre en difficulté les solutions concurrentes basées sur d'autres stores (Apple, Amazon, Microsoft, Samsung).

Cet accord est surtout un vrai bénéfice pour Google qui n'aura donc finalement pas de TVA numérique spécifique à son activité de plusieurs milliards de cash annuel, défiscalisés doit-on le rappeler dans les paradis fiscaux ! 60 petits millions, contre plusieurs centaines de millions si la TVA avait vu le jour. C'est une bien maigre compensation donc, mais qui ne remet pas en question le projet européen de TVA numérique sur les FAI dont nous avons déjà parlé sur ce blog.

Une opération qui devrait ainsi renforcer les investissements vers les plateformes Android, comme ceux déjà engagés par des entités comme Lagardère par exemple, avec sa tablette Gulli qui repose sur Android, et de nombreuses parutions de plus en plus transversales iOS (Apple) et plus que jamais Android (Google).

Mariage pour tous : richesse multi-canale

Comme en multimédia, en cuisine, en économie, en géopolitique, et ailleurs, ... le renversement des frontières se manifeste violemment aussi dans la notion de couple et de parentalité, en suivant l'actualité et le projet de loi validé ce jour à l'assemblée nationale, cela ne vous aura pas échappé.

Daniel Godard, un certain professeur en lettres classiques, met en évidence les contradictions sémantiques du principe du "mariage pour tous" et en fait un prétexte pour l'interdire. Son analyse se révèle inintéressante bien que je ne partage pas sa conclusion. J'y trouve, au contraire, un idée très en phase avec une vision transversale et multi-canale du monde, contemporaine et progressiste, à partir des mêmes arguments justement. Explications.
  • Selon le professeur, on ne dit pas couple pour deux corps de nature différente, mais paire. Nous parlerons donc de paire d'homos. Soit.
  • Selon le professeur, le mot père désigne celui qui engendre. Le mot mère, celle qui enfante. Soit. Dans une paire d'homos, il faut alors trouver celui qui engendre et celui qui enfante, si cela est possible.
  • Selon le professeur toujours, ce qui n'est ni père ni mère est simplement parent.
  • Selon le professeur enfin, si on accepte d'ouvrir la parentalité à des pratiques de PMA (bébé éprouvette) ou de PGA (mère porteuse), on introduit de facto un élément qui engendre ou qui enfante, extérieur à la paire (au couple donc). Et on n'est alors plus dans une relation binaire, mais dans une triade, voire au-delà si plusieurs géniteurs extérieurs sont introduits dans la relation donnant droit à plusieurs enfants.
Le professeur en conclut l'invalidité du projet de loi et s'oppose de fait à ce projet. Et je rebondis ! Je ne vois pas le rapport avec la choucroute ! Mais j'en vois un, au contraire, très transversal. Ce qui n'est pas ici pour me déplaire.

Au contraire donc, si l'on considère qu'en effet deux homos sont paires, et selon l’étymologie que nous venons de relever, une paire d'homos peut comprendre autant de combinaisons que possibles et devrait ouvrir le débat plutôt que le refermer. Je me suis amusé à les lister, mort de rire :

a- Une paire d'homos gays donne :
  • Un père + un parent (si un individu engendre vers une mère porteuse) ;
  • Deux parents seuls (s'ils adoptent) ;
  • Deux personnes mais, deux pères ET deux parents (si plusieurs enfants sont chacun nés d'un père différent par PMA) ;
b- Une paire d'homos lesbiens donne :
  • Un père + une mère (en biologie, deux femmes peuvent procréer, fusse artificiellement, du fait de la nature compatible de leurs chromosomes XX et que dans une fécondation au moins un des deux doit être une femme) ;
  • Une mère père (pour les mêmes raisons, en biologie, une femme seule peut être hermaphrodite et s'enfanter elle-même, mais attention aux risques trisomiques) ;
  • Un père + un parent (si celui qui engendre est une femme et celle qui enfante est une inconnue par PGA) ;
  • Un parent + une mère (si celui qui engendre est inconnu) ;
  • Deux pères + deux parents (voir cas homos gays, si les deux femmes engendrent chacune vers une mère inconnue en PGA) ;
  • Deux mères + deux parents (si chaque femme enfante chacune d'un ou de deux pères inconnus) ;
  • Deux parents seuls (si elles adoptent).
De fait, il m'apparaît important de souligner qu'on ne parle plus de paire ou de couple, ni même de triade, mais bien de polygamie. Et cette question de relation à plusieurs n'est d'ailleurs pas spécifique aux homosexuels, puisqu'elle touche aussi les couples ou célibataires hétéros qui passent par la PMA ou la PGA.

Polygamie, le mot est dur. On affecte bien souvent le sens de polygamie à une image dévalorisante pour les femmes. Mais il s'agit bien, étymologiquement, de cela. Poly = plusieurs ; Game = mariage, relation officielle. Et la question est sensible, car de quoi parle-t-on ? On ne parle pas simplement du droit du couple et des parents, mais aussi de celui de l'enfant. Un enfant doit pouvoir connaître son géniteur et sa porteuse, même si ces derniers sont extérieurs et d'un même sexe. Il peut très bien comprendre la situation. Je ne vais pas refaire François Dolto, mais il est juste essentiel pour lui de savoir d'où il vient et si on l'aime ! Les trois notions de parentalité, de paternité et de maternité ne sont pas forcément liés à la même personne. La question déborde donc du simple cadre de la parentalité. On passe du droit à la différence des parents au droit à l’existence de tout individu !

Loin de moi la volonté de juger la notion de mariage à plusieurs. Mais, il m'apparaît important de bien nommer les choses pour mieux comprendre les transgressions et savoir ce que ces transgressions induisent culturellement. Encore une fois, il ne s'agit pas de les condamner ou de les encourager, mais bien d'en comprendre l'enjeu. Et en la sorte, on conviendra que si nous passons effectivement d'une relation binaire traditionnelle du couple, à une approche polygame nécessaire pour le droit de l'enfant de parents homosexuels, hétérosexuels et célibataires, cela change beaucoup de choses culturellement et plus que la simple question de l'homosexualité. La vraie question qui se pose lorsqu'on aborde la question du mariage pour tous, n'est donc pas d'accepter une paire, mais d'accepter une combinaison multiple et déterminée de plusieurs relations (comme on accepte après tout, de communiquer vers différents canaux de diffusion quand un seul canal ne satisfait pas). Sans parler des futures familles homos paires, mères et pères, recomposées !

Dans un mariage, si enfant il y a, il y a donc des parents qui peuvent être père et/ou mère, ou pas. Accessoirement, il ne m'apparaît d'ailleurs pas opportun d’appauvrir notre langue en tronquant les termes "père" et "mère" ni l'amputer de "mademoiselle", "madame" ou "monsieur" (et en faire une novlangue) pour prétexter une égalité d'apparence. Mais au contraire, d'ajouter au terme "parent", ce qu'est éventuellement en plus l'un des deux : à savoir le père, la mère ou les deux. Et d'ajouter pourquoi pas, dans la même lignée, à "madame", "monsieur", les termes juvéniles de "mademoiselle" et "mondemoiseau ?".

Lorsqu'on parle de polygamie, et si l'on regarde d'abord du point de vue de l'enfant, on introduit inévitablement la question du mariage à plusieurs (de plusieurs canaux de parentalité), et pas seulement de personnes du même sexe. Je n'hésiterai pas à parler alors de relation multi-canale des personnes, plus que de polygamie, tant le second terme m'apparaît galvaudé. C'est cette notion de transversalité, et de complémentarité des formes que je voulais relever ici aujourd'hui, de manière un peu atypique je vous l'accorde mais pourtant très actuelle, dans ce blog qui traite justement de cette émergence de plus en plus globalisée du multi-canal.