mercredi 11 décembre 2013

Adobe DPS : le folio en licence libre !


Adobe annonce ce mardi 10 décembre la libre exploitation de son format propriétaire le .folio à partir du premier trimestre 2014. Une documentation sur les spécifications liées à ce format sera disponible prochainement. Il sera alors possible à quiconque de générer des fichiers .folio, sans nécessiter InDesign pour ce faire. Quels enjeux s'annoncent pour les créateurs de magazines interactifs pour tablettes, et pour les marques de logiciels ?

Pour les créateurs
Que vous utilisiez finalement la suite Adobe ou non, vous pourrez produire des .folio, c'est-à-dire, des fichiers structurant les magazines interactifs pour tablettes dans un fichier zip renommé. Adobe ouvre sa solution à un public sans doute plus business, peu familier de l'usage de solutions Pros comme Photoshop, Illustrator et InDesign, et plus au fait d'outils bureautiques populaires. Les éditeurs de presse et de livres pourront également créer leur propre progiciel afin de générer ces formats à la volée et réduire le temps de génération induit par l'environnement de publication interne de inDesign. Une avancée pour tous, si tant est que les utilisateurs finaux sauront ne pas abuser d'effets visuels (multiplication hasardeuse de typos, mises en formes inconsidérées, absence de culture du signe) comme l'a permis la généralisation du format PDF et sa génération à partir de documents peu graphiques créés par exemple sous Word ou Powerpoint par des utilisateurs non avertis. C'est le prix de la popularité. Le .folio va devenir un format populaire.

Pour les logiciels
Adobe semble réagir à la promesse qu'avait déjà annoncée Aquafadas sur son propre site, lors de la sortie de la version 3.0, en juin dernier, avec la possibilité en devenir d'exploiter aussi le format .zave (le zip qui produit des magazines interactifs version Aquafadas) à partir d'un autre environnement que InDesign ou XPress. Si les deux marques cherchent à ouvrir l'usabilité de leurs formats respectifs, c'est qu'il faut malgré tout compter sur la nécessité, pour Adobe comme pour Aquafadas, de passer par la case payante acrobat.com (pour Adobe) et avepublishing.com (pour Aquafadas) afin de diffuser son fichier gratuit à partir d'un kiosque qui, lui, reste absolument subordonné à une licence ! Donc, ne rêvez pas. C'est une ouverture dont la vocation est de vendre plus de licences et d'extensions payantes telles que, entre autres, le formidable outil de tracking d'audience de Adobe, vraiment très performant, inclus dans sa solution de marketing digital, complémentaire des solutions créatives cloud.

En conclusion, le bénéfice de cette ouverture est que le format pour tablettes va indiscutablement se généraliser et créer un vivier d'usages et donc de solutions vers ces nouvelles plateformes. L'ouverture permettra aussi à Adobe de bénéficier indirectement d'extensions puissantes développées gratuitement par une communauté de tiers indépendants, extensions que tous les utilisateurs natifs de Indesign disposeront probablement un jour au sein de leur environnement préféré de production et qui aideront Adobe à mieux rivaliser et à bon compte avec des solutions concurrentes.

Un grand pas pour le digital, donc. Merci Aquafadas. Merci Adobe.
http://blogs.adobe.com/digitalpublishing/2013/12/readership-metrics-open-folio-format.html

Et merci Hervé pour le scoop ! Je ne l'avais pas vu passer celui-ci ; )

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