mercredi 30 octobre 2013

MOOC : Massive Open Online Courses


Concept vieux comme le monde, le partage du savoir, trouve une nouvelle identité par la dénomination de MOOC, qui succède à e-learning, tutoriel, médiathèque, bibliothèque, encyclopédie... MOOC est le nouveau nom que l'on attribue désormais aux universités en ligne, mais pas que. Il formalise surtout un modèle technique, social et économique. Précisions :
  • Le MOOC est ouvert à tous, sans sélection, sans critère social, partout dans le monde, par les réseaux connectés ;
  • Le MOOC met à disposition une base de savoir commune et fondamentale, gratuitement ;
  • Le MOOC permet aux visiteurs de dialoguer avec des experts du monde entier ;
  • Le MOOC permet d'évaluer ses connaissances à l'aide d'exercices en ligne ;
  • Le MOOC délivre un diplôme labellisé par les plus grandes écoles.
Diderot et d'Alembert sont rassasiés. Mais, il y a la théorie et la pratique. Et dans la pratique, il va bien falloir trouver un modèle économique à la diffusion libre et universelle de la connaissance. Voici l'évolution viable du MOOC, selon les usages révélés par le N° 64 du journal La Tribune (L'université 3.0), du 25 octobre 2013.
  • Un premier niveau commun et fondamental sera disponible gratuitement ;
  • Un accès à des contenus plus stratégiques sera disponible uniquement à ceux qui en acquittent le droit (accès à des conférences, à des bases de candidats les mieux qualifiés, à l'évaluation qui donne droit au label très convoité des grandes écoles).

Ce système d'enseignement est en train de bouleverser la donne, car beaucoup pourraient en effet y trouver leurs comptes :

  • Les étudiants du monde, quel que soit leur profil, pourront accéder à une base de savoir, gratuitement.
  • Les recruteurs pourront disposer, mieux que par les réseaux sociaux professionnels, à des profils de candidats à partir de résultats (notations) vérifiables et fiables.
  • L'éducation nationale pourra réduire le coût de l'action présentielle des universités et de la formation continue, en numérisant tout ce qui peut l'être.
  • Les formateurs talentueux pourront faire valoir leur expertise en monétisant mieux leurs interventions, et facturer un cachet proportionnel au succès de leurs prestations.

Mais, il reste quelques interrogations dont l'issue alimente de nombreux débats mêlant Geneviève Fioraso, Aurélie Filippeti, les géants du Web, et la finance :

- Les enseignants qui verront substituer leurs interventions en présentiel par des tutos en ligne toucheront-ils des droits d'auteur ?
- Comment les petites universités du monde vont lutter face aux géants américains ? Et comment préserver la neutralité du savoir si celui vient à être co-financé par des entreprises privées ?
- Qui financera les formations de premier niveau dites gratuites, une taxe d'apprentissage ? Les contribuables français ? Les contributeurs étudiants du monde entier ? Mais acceptera-t-on de taxer seulement les français pour offrir gratuitement un savoir stratégique aux habitants des autres pays ?
- Qu'adviendra la formation continue professionnelle si le même savoir apparaît disponible numériquement et via les réseaux universitaires ?
- Toutes les écoles auront-elles les mêmes moyens pour s'offrir les conférences et les cours des experts les plus convoités ?
- L'éducation ne risque-t-elle pas de succomber à une tragique course à l'audimat ?
- Les bons experts ne finiront-ils pas dans les grandes écoles qui payent le plus (fuite des cerveaux) ?

Comme toute évolution, celle-ci appelle à rendre plus spécifique les acteurs actuels du secteur. Et il y a des précédents qui nous aideront à mieux comprendre cette dernière. Ainsi, si l'enseignement général et de base seront de plus en plus accessibles partout dans le monde gratuitement, ce qui aidera à pérenniser le présentiel en université ou en formation continue, ce sera évidemment l'expertise.

A bons entendeurs.

Pour en savoir plus sur le concept de MOOC, lisez La Tribune du vendredi 25 octobre 2013, N° 64.

Consultez aussi la vidéo de l'article du magazine Capital, sur l'avenir ludo-éducatif de l'enseignement, en 2020 :
http://www.capital.fr/carriere-management/videos/a-quoi-ressemblera-l-ecole-demain#xtor=EPR-226

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