samedi 13 juillet 2013

L'audiovisuel délocalise ses auteurs

C'est à l'occasion d'une masterclass organisée par The Media faculty, à Annecy, en juin dernier, que l'on a pu apprendre que des sociétés de production audiovisuelles spécialisées dans la série, et principalement dans le secteur de l'animation jeunesse, commencent à délocaliser les prestations des scénaristes. Pour quelles raisons ?

C'est la société de production française Marathon Media qui, à l'aide de son partenaire américain diffuseur Nickelodeon, a ouvert le bal en organisant un flux de production, de Blake and the Aliens, dans lequel l'écriture était effectuée aux USA et la réalisation en France. Simple partage des taches ?

Le droit d'auteur en France est très protégé et, si bien, que cela se traduit par un coût important dans le budget de la production, lorsque toutes les réglementations sont respectées, proportionnellement au budget des productions étrangères. Et ce, sans compter le droit moral qui autorise nos auteurs à brider les oeuvres à l'exploitation (pas de découpage intempestif autorisé). Tant et si bien que beaucoup de productions rechignent à multiplier les contrats d'auteurs en France ou à doubler le travail du réalisateur par celui d'auteurs talentueux (au détriment direct de la qualité des récits).

En dehors de l'hexagone, on fonctionne au copyright ! C'est-à-dire, au fixe sans droit moral qui autoriserait le ou les auteurs à intervenir en cas de saucissonnage ultérieur de l'oeuvre. De ce fait, il apparaît bien plus confortable pour un producteur de laisser la prestation d'écriture à un tiers situé hors territoire français. Effet pervers de la globalisation : nos auteurs vont perdre leur job s'ils ne cèdent pas au caprice du copyright. Le mouvement a commencé.

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