mercredi 29 mai 2013

Bilan sur le HTML5



Annoncé comme la solution à tous les problèmes d'accessibilité et de référencement, comme le standard libre et ouvert, utilisable par tous et pour tous, le HTML5 commence à être pris en charge dans la plupart des navigateurs. De nombreux outils de publication HTML5 sont également disponibles pour publier du contenu. C'est l'heure d'un premier bilan, rempli de paradoxes :
  • Les animations jusqu'ici réalisées en Flash partiellement accessibles et référençables, et accompagnant généralement un texte sémantiquement accessible et référençable, ont souvent été remplacées par des dataviz vidéo non référençables et non accessibles.
  • A défaut de vidéos, les animations Flash ont également bien souvent été remplacées par des PNG de 2000 pixels de haut illustrant graphiquement les données (infographies). PNG par nature non accessible et non référençable.
  • Les animateurs qui découvrent les nouveaux logiciels d'animation HTML5 exportent leurs créations à travers des iFrames afin de garantir la stabilité de l'intégration de leur création au sein des pages Web. Un iFrame, c'est comme un frameset, c'est non référençable et inaccessible.
  • Tout le reste de la plus-value des sites habituellement enrichis en Flash a sinon basculé sous la forme d'applications et de publications mobiles pour les smartphones et les tablettes, sous la forme d'objets payants donc, la plupart du temps. Le Web gratuit est ainsi devenu, en partie, un service payant.
  • La multiplication des vidéos sur le Web, encouragée donc par l'avènement du HTML5, générant un trafic substantiel est même en train de remettre en cause la structure intrinsèque de l'Internet puisqu'il serait question, dans les hautes sphères, de refondre tout le Web pour le décliner en plusieurs protocoles (données, médias, applications, marques, librairies, TV) et de rendre accessibles les services les plus valorisant sous la forme d'un accès payant. Le gratuit ne contiendra que du texte non déposé. Ainsi, une simple page Web qui contient une vidéo risque de devenir accessible uniquement à ceux qui en auront prochainement payé l'accès.
  • Le HTML5 est conçu d'abord pour aider à monter des pages riches sans intervention humaine, à partir de scripts automatisés, plus qu'à les rendre véritablement accessibles. Il contribue donc à la standardisation des contenus et à l'impersonnalisation des services, voire, si tout devient automatisé, à de douloureux licenciements.
  • Pour tempérer la chose, rappelons cela dit que la plupart des sites existants sont aujourd'hui responsives. Ils s'adaptent aux dimensions des écrans. Il fallait bien mentionner un aspect positif de cette révolution.
  • Soulignons aussi que de nombreux utilisateurs handicapés vont enfin pouvoir accéder à des données sémantiquement mieux agencées, en théorie (les objets animés purement décoratifs viendront au contraire polluer la structure sémantique d'une page, là où ils restaient au moins isolés dans les formats compilés).
  • Les moteurs de recherche qui traquent les usages des utilisateurs sauront, de même, accéder à ce flot supplémentaire d'information, pour mieux en contrôler le flux.
Bref. L'accessibilité a bon dos. Méfiez-vous des promesses. Le HTML5 c'est une bonne idée. Mais restons lucides sur ses effets et utilisons-le à bon escient, pas aveuglément.

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