jeudi 21 mars 2013

Le cinéma français : réformes et enjeux

Les syndicats du cinéma français et le gouvernement, avec l'aide des institutionnels du secteur, préparent d'importantes réformes visant à restructurer, cadrer et à sauver certaines professions de la branche. Mais les contraintes que vont imposer ces nouvelles règles, en terme de coût de production, ouvrent un débat. Et si cela rendait la filière encore plus rigide qu'elle ne l'est ? Au lieu de sauver le cinéma, ces réformes ne l'anéantiraient-il pas davantage ?

Les producteurs tirent l'alarme sur ces réformes car, en voulant améliorer les conditions de travail des techniciens du cinéma, elles augmenteraient le coût de la production cinématographique. Il n'est plus question de salaire des comédiens (voir le coup de gueule de Vincent Maraval dans Le Monde du 28 décembre), ni de taxer les FAI pour sauver le droit d'auteur (voir notre article sur la fin du droit d'auteur), mais bien d'améliorer les salaires de certaines professions souvent mal considérées.

L'idée est noble mais pourrait bien avoir des effets dramatiques dans un contexte sans frontières économiques. Augmenter le coût de production d'un côté, c'est mécaniquement délocaliser la production, affirment les producteurs. C'est l'avis des producteurs. Et si cela renforçait plutôt un autre segment de la création ?

L'audiovisuel n'est plus réservé aux cinéastes du grand écran. Il est désormais possible, vous le savez, de produire directement pour les nouveaux supports que sont le Web et les mobiles en HD, smartphones et tablettes confondues, et surtout pour les tablettes qui ont le vent en poupe. Si le coût de production augmente dans la création tranditionnelle encadrée par les chaînes et les institutions, c'est donc au contraire un coup de pouce supplémentaire pour les productions dites pure player engagées par des équipes de jeunes cinéastes numériques issus de la Web sphere et du graphisme (Gondri ?), pour qui les conventions ne comptent pas, seule la créativité, l'énergie et l'audace valent.

Il en a été de même avec la nouvelle vague du cinéma français dans les années 60 et 70. Il pourrait en être encore avec la déferlante du transmédia.

A suivre.

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