lundi 7 janvier 2013

Le livre numérique s'impose


Il y a quelques mois, sur notre blog, nous avons présenté les données publiées par les organismes de gestion des droits d'auteur, visant à minimiser l'impact des livres numériques sur les ventes et à rassurer les éditeurs. Nous avons constaté en effet que presque tous les livres vendus jusqu'ici étaient encore des livres papier.

Mais, la donne change. Voici d'autres statistiques qui vont vous aider à prendre acte de cette évolution, et mieux considérer le livre numérique comme un nouveau format qui fait désormais partie intégrante de la diversité des canaux de communication. Un format en devenir, certes, mais pour lequel tous les indicateurs sont au vert.
  • Le prix des tablettes et des liseuses baisse considérablement.
  • Les performances des tablettes se sont améliorées et elles peuvent désormais jouer de manière fluide les animations et les vidéos, et stocker de nombreuses parutions.
  • La diversité des tablettes et des liseuses permet d'en trouver un pour chaque type d'utilisation. Chacun, pour ainsi dire, peut trouver le support qui lui convient.
  • Les ventes de livres papier ont baissé de 1% en 2011 et de 4,4% sur le seul premier semestre de 2012 (source Gfk). Et -5,5% sur 2012, soutenu par les fêtes de fin d'années mais où 13% des livres ont cependant été commandés en ligne.
  • Les ventes de livres numériques doublent chaque année et pourraient atteindre 11 millions d'exemplaires en 2013 et 55 millions en 2015 (+162%) (sources Gfk). Le marché attend une forte croissante du fait de son émergence (seulement 0,7% en 2010).
  • Les circuits traditionnels de vente de livres et de matériels culturels ferment (Surcouf, Virgin, Fnac).
  • Les institutions n'ont plus de budgets pour acquérir et gérer perpétuellement le stockage de livres physiques (écoles, bibliothèques).
  • Le marché du livre numérique pèse déjà 20% aux USA. Et en 2012, pour la première fois, les ebooks se sont mieux vendus que les livres brochés (282 millions $ vs 229 millions $), soit presque le niveau des livres de poche (300 millions $).
  • 3,4 millions de tablettes vendues en 2012 en France (source Gfk) dont une majorité d'iPads.
  • Environ 10% seulement des titres papier sont disponibles au format numérique en France. Le déploiement imminent de l'offre va tirer grandement les ventes vers le haut.
  • La plupart des oeuvres actuelles ne sont que la copie des oeuvres papier. Mais des productions originales et exclusives vont voir le jour, spécifiques pour les tablettes et non déclinables en papier (3D, vidéo, audio guidées, connectées...) rendant le support numérique indispensable.
  • Le coût réduit de la fabrication est autant de marge supplémentaire disponible pour enrichir les parutions. A prix égal, un livre numérique rémunère mieux ses auteurs et apporte un contenu plus qualitatif au lecteur. Cet argument va grandement favoriser l'auto-édition et remettre en question la pérennité des éditeurs traditionnels qui négligent l'approche éditoriale.
  • Le gouvernement prépare une directive qui devrait faire sauter le contrôle des prix sur les livres papier, sous pression de Bruxelles, les rendant vulnérables au marché du numérique. Les librairies pourraient malheureusement fermer les unes à la suite des autres.
  • Le prix des ebooks inférieur aux livres papiers aide à la migration numérique.

Les points faibles à résoudre :
  • Simplifier l'organisation du prêt ou du portage d'une parution d'une plateforme à l'autre, sans en autoriser le piratage. Parvenir à identifier un lecteur unique à la fois, par exemple.
Exemple de migration 100% numérique du magazine Newsweek :
http://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2012/12/24/newsweek-tourne-la-page-du-papier_1810079_3236.html#xtor=AL-32280270

Sources :
http://www.capital.fr/enquetes/strategie/pourquoi-le-livre-numerique-va-enfin-decoller-en-france-798663

3 commentaires:

  1. Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.

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  2. Utilisateur inconnu
    >> Le prêt est un vrai souci qui pourrait freiner son développement. Ce sont des habitudes tellement ancrées.
    En même temps un prêt à un autre compte avec l'identifiant ne me paraît pas insurmontable. Avec iTunes, il est possible de partager sa bibliothèque. Par contre, le cross platform doit être simplifié.

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  3. "La diversité des tablettes et des liseuses permet d'en trouver un pour chaque type d'utilisation"
    aujourd'hui ça signifie aussi multiplication des formats malheureusement... epub pour certains, mais incompatible kindle d'amazon... apps mobiles... donc a refaire selon les supports... epub3 qui ne fonctionnera evidement pas sur les liseuses anciennes, etc... tout cela ne pousse pas a l'achat d'une tablette et augmente les prix de fabrication...

    "Le coût réduit de la fabrication est autant de marge supplémentaire"
    tout a fait relatif a cause de la remarque precedente... mais peut etre l'epub3 va s'imposer comme standart et vraiment changer les choses...

    "Le prix des ebooks inférieur aux livres papiers"
    je le trouve encore trop proche... surtout quand il s'agit que d'un simple scan du livre papier...

    bref a mon avis encore un secteur qui se cherche... on est en pleine phase des pionniers... super ! :-)

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