vendredi 10 août 2012

L'improbable design d'Adobe CS6


Si vous avez installé la Creative Suite CS6 de Adobe, vous avez certainement remarqué l'invraisemblable design des fenêtres d'accueil de chaque logiciel de la suite. Remarquez ci-dessus l'écran d'accueil de Photoshop CS6. Et ci-dessous, ceux de Flash Pro CS6, Dreamweaver CS6 et InDesign CS6.




Qu'il est loin le temps où Adobe payait de vrais designers pour identifier ses produits (voir le travail de Neville Brody ci-dessous effectué pour de précédentes versions des produits Adobe) !


Pour rappel, le principe du design consiste à révéler une forme plastique au service d'un produit, d'un contenu, et de son utilisateur. La forme doit généralement être en relation avec l'objet traité. L'identité est une question à la fois plastique, technique, sémantique, culturelle, sociétale, commerciale, ergonomique, et fait bien souvent référence à des connaissances encyclopédiques de travaux déjà réalisés par ailleurs, depuis la nuit des temps.

Le design de la version CS6 fait fi de tout cela. Il est une injure à la profession, à la communauté des designers pourtant première clientèle de la société Adobe. Le travail proposé n'est même pas digne d'un graphiste débutant qui découvrirait l'imagerie numérique, tant l'organisation spatiale des formes, leur lourdeur, leur non corrélation vis-à-vis du produit identifié, n'apporte rien d'utile ni de beau et apparaît contraire à toutes les notions élémentaires acquises en première année de communication visuelle ou en seconde Arts-Appliqués !

Ce problème est hélas récurrent dans le milieu de la communication. Les équipes qui décident n'ont malheureusement bien souvent aucune notion de graphisme, puisqu'elles ont été formées dans les dites grandes écoles de commerce où l'on n'apprend surtout pas à communiquer. Le design, pensé comme un gadget de foire, est collé avec mépris sur l'objet à vendre à tout prix, et à quel prix ! Celui de la médiocrité. Une identité, ce n'est pas un effet, ce n'est pas une forme impactante. C'est tout sauf cela. Combien de slides powerpoint a-t-il fallu pour pondre cette horreur ?

Nous ne seront pas surpris de découvrir une probable prochaine version du site de Adobe affichant des liens clignotant, des typographies multiples, soulignées, surlignées, encadrées, et des titres de même niveau hiérarchique, toutes tailles et toutes couleurs confondues.

Un paradoxe que les utilisateurs de la suite creative devront subir quotidiennement jusqu'à l'arrivée de la CS6.5 prévue au printemps 2013, dont nous gageons que l'identité aura évolué en mieux (il serait difficile de faire pire). D'ici-là, vous pouvez aussi décider de ne plus ouvrir vos logiciels.

; )

3 commentaires:

  1. C'est complètement objectif ce que vous dites, je trouve au contraire que les écrans d'accueil collent bien plus à chaque logiciel que ceux de la version CS3.
    A savoir, la grille, la typo et les règles pour InDesign CS6, le mouvement pour Flash, le code pour Dreamweaver, et à la rigueur les traces de peinture pour PS. Bien que le résultat ne soit pas magnifique, il est toujours moins amateur que ce qu'avait fait Neville Brody à l'époque, qui pourtant est un excellent graphiste habituellement...

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  2. Merci pour ce point de vue ; )
    C'est bien sûr la forme grossière qui a heurté mon regard au point de ne pas atteindre la lecture des détails que vous évoquez. Vous parlez du fonds et sur ce point, je vous rejoins naturellement. Comme quoi, une bonne créa implique toujours un équilibre entre le fonds et la forme. Gageons que la prochaine mouture offrira une lecture aussi fine sur les deux plans, et pas uniquement sur le fonds.

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  3. Pardon, je voulais dire subjectif ! :)
    Oui en effet, je pense que le design a été tout de même travaillé et pas complètement sorti de nulle part. Oui, j'espère qu'une prochaine mouture apportera quelque chose qui ira encore plus à l'essentiel.

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