mardi 14 février 2012

Le projet full cloud des firmes


Qu'il est bon de spéculer sur les nouveautés matérielles en devenir, surtout lorsqu'on parle de la marque la plus convoitée à ce sujet : Apple. Mais plutôt que de spéculer sur un produit en particulier, j'ai souhaité ici donner une vision de ce que me semble devenir Apple et les grandes firmes de l'informatique en général.

Depuis que Apple existe, nous remarquons une démarche constante de la part de cette entité d'essayer de supprimer du hard (du matériel) et de compenser cette perte par une valeur ajoutée soft (logicielle). Ce phénomène a permis de lancer le premier ordinateur personnel compact le plus intuitif et de frapper d'obsolescence les gros serveurs de calcul privés. Ce principe s'est accentué par la suite avec l'arrivée des écrans plats et des nouveaux iMacs, entre autres, qui ont rendu inintéressants les postes traditionnels. Puis, ce fut le cas plus récemment avec les smartphones et les tablettes tactiles mettant au panier les ordinateurs portables ! Toujours plus de logique intuitive pour moins de lourdeur matérielle. Mais cette orientation nouvelle induite par le tactile introduit de nouvelles limites et de nouveaux concepts, incomparables aux précédentes évolutions.

La liberté que nous avions en contrôlant auparavant le système en hard et en soft de nos machines se dissipe avec l'arrivée du tactile. Pour offrir une grande ergonomie (tactile, capteurs sensoriels en projet, projection de claviers virtuels, reconnaissance vocale ou du bouger, etc), il est préférable pour le contructeur de brider le système afin d'éviter toute intervention impromptue de l'utilisateur qui risquerait de rendre très instable ce genre de mécanique très sensible. L'idée est donc naturellement de verrouiller le système. C'est le cas des smartphones et des tablettes qui ne permettent de lire et d'installer que des données sans jamais avoir accès à la structure organique de la machine, aussi bien en soft (pas d'accès aux fichiers du système) qu'en hard (les composants sont bien souvent soudés).

Or, une nouvelle stratégie est apparue chez les constructeurs et les diffuseurs de services en découvrant que ce verrouillage permettait aussi de contrôler les contenus "valides" pour leur nouveau système. C'est ce que Apple a compris très vite avec le fameux iPod couplé à l'interface de iTunes qui a révolutionné la musique. Apple contrôle désormais une grande partie de ce marché. C'est donc sans surprise que Apple remet le couvert en introduisant de nouveaux appareils qui permettent de contrôler cette fois-ci toutes les données, à travers des applications et des services "validés" eux aussi et garantissant une commission à son diffuseur.

Cette stratégie a obligé Apple, et bientôt Microsoft qui comprend l'enjeu, d'interdire l'exécution du lecteur Flash, par exemple, pour garantir le contrôle de toute logique applicative au sein de son environnement, et donc, sauver son modèle économique. Flash était le seul outil standard et généralisé qui permettait de se passer des apps stores.

La suite, nous la devinons donc sans difficulté. Encore moins de hard, encore plus de logique intuitive validée. Et c'est la garantie d'une croissance économique pérenne pour les grandes firmes. Et plus elles seront grandes et influentes, plus elles réussiront à verrouiller ce mécanisme.

Selon toute vraisemblance, les prochaines générations de matériels seront donc orientées vers le 100% contrôlable, c'est-à-dire 100% des données qui passent par le serveur de chaque firme. D'où l'émergence profitable du concept du cloud (le tout externalisé) que les firmes encouragent depuis quelques temps : moins de hard = plus de commission sur des contenus validés. Et ce, quelle que soit la firme :
  • Apple vend les applications et les médias. Le cloud lui aide à contrôler les applications et les médias.
  • Microsoft vend du service et des applications. Le cloud lui permet de mieux contrôler également ses applications et ses services.
  • Google et Facebook vendent des classeurs de données qui traquent les usages. Le cloud leur permet de mieux contrôler les données.
Les circuits traditionnels (TV nationales, CNC) risquent de s'en mordre les doigts. La totipotence nouvelle des firmes fait table rase des usages auprès des circuits traditionnels de diffusion.

La seule chose que ne garantie pas le cloud, c'est la perte de données induite par des coupures de réseau (problématique en temps de guerre et le contexte géopolitique actuel n'aide pas à rester confiant) ni leur confidentialité.

Un conseil donc, si vous souhaitez plonger dans le cloud pour jouir des nouveaux usages qu'offrent le tactile et les futures logiques embarquées époustouflantes de nos machines, gardez peut-être dans votre grenier au moins un ordinateur traditionnel ; )

Un clin d'oeil sur l'aspect non écologique du cloud est à lire également dans cet article :
http://ml.capital-news.fr/l2/672AYpiZd39/5314683/77517656.html

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire