mardi 21 juin 2011

La télé connectée arrive



Selon capital.fr (10/06/2011), 1/3 des achats de télévision pour 2011 sera une télévision connectée ! C'est-à-dire, une télévision qui ressemble plus à une tablette ou un smartphone qu'à une suite d'émissions figées comme nous le connaissons actuellement.

Mais attention, une télé connectée, ce n'est pas un ordinateur connecté ! Comme le souligne l'article, "aucun fabriquant n'équipe ses appareils d'un véritable navigateur". Or, sans navigateur et sans clavier, difficile de transposer les sites Webs usuels pour organiser et mettre en forme les contenus. C'est même, à en croire l'ergonomie des nouvelles productions Web, le contraire qui est en train de se produire : les applications mobiles des smartphones, tablettes et télés connectées définiront les nouveaux standards d'ergonomie et de mise en forme du Web de demain.

La télé connectée utilise des applications développées dans les mêmes formats que ceux déployés pour les smartphones (Java, AS3, C, Javascript/HTML5). Reste à choisir le bon format qui évitera encore une fois la fragmentation des médias, tout en offrant la meilleure expérience utilisateur possible. Retour à la case départ pour la guerre des formats. Google et Android (Java et Flash Air) obtiendront quoi qu'il en soit, grâce à l'appui des constructeurs qui soutiennent ces standards, la plus belle part du gâteau. Apple et Sony s'en tireront avec un marché plus contextualisé de gamers (Sony) ou CSP+ (Apple).

Il est donc facile de parier que les plus grands acteurs de la télévision de demain seront ceux qui dominent aujourd'hui le marché des applications mobiles d'une part, de la régie publicitaire d'autre part et des contenus. Pour rester dans la course, les grandes chaînes traditionnelles devront s'aligner sur les promesses déjà en vogue à travers ces nouveaux opérateurs que sont Google, Apple, Sony et qui bouleverseront de facto la chronologie des médias et le système culturel français lié au CNC. Sans réaction de nos groupes audio-visuels, ce seront les grands opérateurs américains qui en effet déferleront sur nos écrans et nous laisserons vraisemblablement le choix entre un tout propriétaire régi par Universal et Pixar (Apple) ou un tout 100% public et 100% gratuit régit par des contenus Web 2 communautaires (Facebook, Google+, Vimeo, Youtube...).

Pour les acteurs du Web, de ce côté-ci du tsunami audio-visuel, ce sont ceux qui maîtrisent les formats des applications qui finiront par décliner en version Web allégée et gratuite les programmes développés d'abord de manière plus sophistiquée pour les plateformes "monnayables". N'est-il pas plus simple de retirer du code en effet plutôt que d'en ajouter ; ) ?

Les chaînes télé qui domineront le marché demain intégreront donc nécessairement :
  • une régie pub calquée sur le Web qui traque l'utilisateur et localise le contenu (façon Google, Facebook, Orange),
  • des contenus propres exclusifs qui attirent l'audience (façon Sony, Universal, le divertissement en somme),
  • des services applicatifs et éditoriaux incontournables (façon Apple, Google et Facebook mais aussi à la manière des grands éditeurs et de la presse).
Les développeurs web qui domineront le marché demain intégreront donc nécessairement :
  • des langages applicatifs avancés qui enrichissent l'expérience utilisateur (Java, Objective-C, AS3, C#).
  • une moindre fragmentation pour réduire les coûts de production (HTML5/Javascript, AS3, un kit multiplateforme quelconque).
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